Les cultures de couverture au secours de la matière organique

Une analyse présentée lors Laboratoire vivant - Racines d'avenir montre l'impact de la biomasse aérienne et racinaire des cultures de couvertures.

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Article technique
Agriculture durable
Émilie Maillard, chercheuse chez Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)
Émilie Maillard, chercheuse chez Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)

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Stéphanie McDuff

Rédactrice et cheffe de la production numérique pour le Coopérateur

Diplômée de l’Université du Québec à Montréal, elle est détentrice d’un baccalauréat et d’une maîtrise en études littéraires.

Dans l’atelier sur les cultures de couverture, présenté lors de la journée Laboratoire vivants - Racines d'avenir, tenue le 2 septembre 2026, Marie-Élise Samson, agronome, professeur adjointe à l’Université Laval, a souligné que les rendements en maïs grain tendent à plafonner depuis quelques années, malgré les nouveaux cultivars ou technologies introduits et pendant que les coûts de production s’accentuent. Elle étudie donc quelles stratégies peuvent augmenter le taux de matière organique (M.O.) - qui est inférieur à 4 % dans plus de 60 % des sols du Québec méridional. C’est un enjeu puisque la M.O. est la principale source d’azote des plantes cultivées.

Deux calculs basés sur des données de la littérature ont été effectués : le premier par une rotation des cultures avec de la paille de blé et le second par l’implantation de cultures de couverture. Si la paille de blé permettrait bien d’ajouter 0,07 t M.O./ha/an, la culture de couverture aurait plutôt un apport net de 0,57 t M.O./ha/an. La culture de couverture pourrait ainsi être jusqu'à huit fois plus efficace que la paille, en plus de potentiellement fournir d’autres services comme la fixation de l’azote ou une amélioration de la biodiversité.

L’un des facteurs clés de cette différence repose dans la biomasse racinaire. Comme l’explique Émilie Maillard, chercheuse chez Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), les résultats préliminaires de leurs travaux révéleraient que la biomasse aérienne peut atteindre entre 84 et 214 kg de carbone stabilisé* par hectare. La biomasse racinaire, elle, atteindrait plutôt 315 à 810 kg de carbone stabilisé par hectare.

Preuve que les chiffres obtenus ont un impact, les travaux de recherche ont notamment convaincu Renaud Péloquin, chez qui se tenait la journée de conférence, de semer du trèfle. « C’était la première fois cette année qu’on réussissait à avoir de la biomasse racinaire, nous a-t-il expliqué. Avant, je n’osais pas en semer dans mon blé. Grâce aux tests, on a aussi vu que si on fauche le trèfle, on augmente encore plus la quantité de racines. »

*Le carbone retenu par la plante est ce qui est susceptible de se transformer en matière organique. Pour en savoir plus : La matière organique : élément essentiel à la vie dans le sol.

 

Autres résultats présentés au cours de la journée

Les résultats finaux des projets de recherche des Laboratoires vivants - Racines d'avenir devraient être complétés dans les deux prochaines années.

 

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