Un transfert de ferme normal, mais extraordinaire!
Reportage à la Ferme Dupas, demi-finaliste du Prix relève Sollio dans la catégorie Transfert et membre de Novago Coopérative.
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« Notre transfert, je le trouve ’’plate’’ », dit Francis. « Il n’y avait pas eu d’étincelles n’ont plus avec mon père quand j’avais 25 ans! » rétorque François, son père.
Quatre fermes font partie des fermes demi-finalistes du Prix relève Sollio : Ferme Dupas est l’une d’elles. Avant la visite des juges à La Visitation-de-l’Île-Dupas, île coincée entre Berthierville et Sorel-Tracy, François Drainville est allé faire deux passes de faucheuse pour faire un ensilage d’un jour. Une troisième coupe en ce début août, pour fabriquer un fourrage de qualité pour produire quotidiennement 3,17 kilos par vache de gras-protéine.
Ferme Dupas figure dans les plus hautes performances laitières de la coopérative Novago, dont est membre la ferme. « Le fils a dépassé le maitre », assure François, qui a cédé ses parts dans l’entreprise à Francis en 2021. La ferme îledupasienne comporte 84 kg de quota et 115 hectares en culture. Les vaches en lactation sont logées sur une litière de sable hyper confortable.
Duo père-fils efficace
Francis, un perfectionniste versé dans l’amélioration continue, a eu le déclic pour la ferme un peu tardivement, au secondaire. Avec sa technique collégiale en gestion agricole, il a commencé à apprécier le travail manuel autant que le travail cérébral. Avec le transfert, sa mère Maryse Gélinas a laissé aller la comptabilité, qui est maintenant sous-traitée, une activité à faible valeur ajoutée. Pareillement, quand Francis dit qu’il passerait parfois ses journées à souder, il mentionne du même souffle que « l’argent est dans l’étable », où il concentre ses énergies, mais pas de bonne heure! Il arrive rarement à l’étable avant 8 h, préférant prendre le temps de déjeuner en paix, ce qui engendre souvent des journées qui s’étirent jusqu’à 23 h, voire plus tard.
François, 63 ans, qu’on connait plein d’humour, demeure le « directeur du département des problèmes », signale-t-il, heureux de poursuivre le travail à la ferme. « C’est comme un cadeau qui est là, tous les jours – même parfois la nuit quand le robot de traite appelle! » blague celui qui est de garde une fin de semaine sur deux pour permettre à Francis, Christine et leurs enfants Flavy et Axel de prendre du bon temps familial.
Mais qu’arriverait-il si François quittait la ferme pour de bon? Francis avoue que ce serait un coup dur, car la ferme n’embauche personne de l’extérieur, mais compte depuis quatre ans sur « l’employée du mois », rigole François, la conjointe de Francis, Christine Valois, qui a joint la ferme après avoir longtemps œuvré comme éducatrice à l’enfance. Par bonheur, Christine mentionne qu’elle n’a pas l’impression de travailler, signe qu’elle s’est adaptée au mode de vie qu’exige le travail dans une ferme laitière insulaire, condamnée, en raison des zones inondables, à optimiser les actifs qu’elle détient déjà – c’est déjà pas mal le cas au vu des performances actuelles!
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