Olivia St-Pierre, une agricultrice environnementaliste

À la Ferme aux petits oignons, coop de solidarité, Olivia St-Pierre pratique une agriculture à échelle humaine pour la préservation de l’environnement.

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Témoignage et entrevue
Femme
Olivia St-Pierre

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Céline Normandin

Journaliste

Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est pigiste pour le Coopérateur. Elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière.

On pourrait résumer le parcours d’Olivia St-Pierre en disant qu’il est atypique, mais ce serait passer à côté de bien des choses qui mettent en relief les joies et les défis de la relève agricole.

En écoutant Olivia St-Pierre parler de ses responsabilités à la coopérative de la Ferme des petits oignons, on se rend compte rapidement que ses défis ressemblent somme toute à ceux connus dans n’importe quel milieu agricole. Bien qu’il s’agisse d’une coop maraîchère bio, il est question de rétention de la main-d’œuvre, du coût des intrants et de culture envers et contre les caprices de mère Nature. « On n’y échappe pas », résume-t-elle pendant la conversation.

À sa cinquième saison, l’agricultrice a connu tous les hauts et les bas traversés par l’agriculture au Québec depuis la pandémie, occupant même par intérim le rôle de directrice générale de la coopérative. Néanmoins, sa flamme est toujours aussi vive pour ce « super beau métier ». « Mon but est de réussir et de continuer le modèle de ferme à échelle humaine. »

L’agriculture par l’environnement

Détentrice d’un diplôme en génie des bioressources de l’Université McGill et membre travailleuse de la coopérative agricole, Olivia a grandi à Montréal. Elle raconte avoir choisi cette formation afin de mieux comprendre les enjeux environnementaux et d’œuvrer à leur trouver des solutions.

La jeune agricultrice dit avoir vite compris dès ses premiers cours en agronomie que l’agriculture était centrale à la préservation de l’environnement, ce qui l’a menée à se spécialiser dans cette branche. Durant ses stages, elle a tenu à diversifier ses expériences en travaillant à des projets de construction de serre, en service-conseil chez Sollio, ainsi qu’à la renommée ferme maraîchère des environs de Mont-Tremblant. Une fois son bac en poche, elle est retournée frapper à la porte de la coopérative. « J’avais envie de faire partie d’une histoire et de sentir c’était quoi le travail au quotidien », dit-elle.

Alors en pleine transition en coopérative et fiducie agricole, la Ferme aux petits oignons l’engage en 2023 afin de coordonner les récoltes et la mise en marché des produits. Olivia réalise aussi dans sa première année un projet de récupération d’eau de lavage des légumes pour les serres, système qui est encore utilisé aujourd’hui. Ses tâches ont depuis évolué au gré des besoins, mais son rôle principal demeure la coordination de la production des 50 à 60 fruits et légumes cultivés sur les six hectares en champ et dans les serres de la ferme du printemps à l’automne, tout en maximisant leur valorisation pour la coop.

Travailler pour la suite du monde

Après cinq ans, quel bilan et quelle appréciation fait-elle de son métier? En gros, un énorme acquis de connaissance et une meilleure compréhension du travail. « Je ne m’étais pas rendu compte de l’ampleur des défis et des responsabilités », constate-t-elle.

Il y a certes plusieurs défis à surmonter quotidiennement, mais la taille de la ferme permet une certaine spécialisation, ce qui évite aux travailleurs de tomber dans la routine grâce à la vingtaine d’employés de la coop, indique Olivia. Elle peut se consacrer à son travail et influencer certaines orientations, tandis que le travail administratif est accompli par une permanence. « C’est une dimension pour une ferme qui a beaucoup de sens et qui lui permet de rester à échelle humaine. »

Quant à son avenir, Olivia répond y aller une saison à la fois. Mais celle qui se voit comme une relève d’un repreneuriat ne voit pas l’intérêt de démarrer une nouvelle entreprise. La pérennité est son mot d’ordre, surtout face aux efforts en temps et en ressources consentis par les personnes qui ont rêvé ces fermes. « En ce moment, le but est que les fermes existantes perdurent. Pourquoi démarrer une nouvelle ferme quand il y en a qui sont déjà là? »

Le dossier « Hériter, démarrer, convaincre : la relève féminine prend racine » est paru dans le Coopérateur de septembre 2026.

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