Naviguer en grandes cultures en 2022
Au moment où nous écrivions ces lignes, en janvier 2022, une certitude semblait déjà se confirmer : les coûts des intrants risquaient d’atteindre des sommets cette année, et les approvisionnements pourraient être problématiques – la « tempête parfaite ». Comment naviguer et optimiser la rentabilité des cultures avec cette nouvelle réalité?
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En grandes cultures, nous sommes toujours dans l’attente d’une année normale. Chaque année, il y a une période sèche, chaude, humide ou froide, et les cultures doivent être résilientes pour la traverser et être productives. De plus, ces aléas de Dame Nature semblent amplifiés par les changements climatiques.
Encore une fois, les producteurs seront en excellente posture s’ils ont pris la décision d’investir pour améliorer l’égouttement des sols, maintenir un bon pH et assurer un niveau adéquat de fertilité des sols en phosphore et en potassium. Et encore plus si la compaction est bien gérée et que des plantes de couverture font partie de l’équation.
Cependant, comment agir concernant l’azote, étant donné que l’urée se négocie autour de 3 $ le kilo de N, le CAN à 4 $ et la solution 32 autour de 3,35 $?
Naviguer dans le maïs
Le maïs est une plante qui utilise bien l’azote pour produire du rendement. En revanche, le fait d’opter pour une source d’azote comme l’urée permet de générer une économie de 0,35 $ le kilo de N; donc, pour 140 N, cela représente 49 $/ha, sans compter l’économie d’application. Cette économie permet même de payer l’utilisation d’un protecteur d’azote, tel que le N-Coop. Évidemment, il faut faire preuve de flexibilité en matière de gestion de la ferme pour s’adapter à ce changement de pratique.
En ce qui a trait à la dose d’azote, des essais réalisés sur trois ans (2014, 2015 et 2016) et trois sites à la Ferme de recherche en productions végétales de Sollio Agriculture, à Saint-Hyacinthe, démontrent que même avec la dynamique de prix élevé de l’azote, la dose de 205 N est très rentable (tableau 1).
Évidemment, il faut s’assurer de bien maîtriser les autres piliers du rendement, comme une date et une qualité de semis optimales, un désherbage hâtif et le choix d’un hybride adapté à la zone.
Naviguer dans le foin
La fertilisation des prairies de graminées en azote est essentielle et elle permet d’augmenter le rendement et la qualité du foin. Dans le tableau 2, vous trouverez les résultats d’un essai d’azote dans les graminées mené à La Pocatière, qui démontre que l’apport d’azote augmente de beaucoup le rendement.
En consultant le tableau 3, on constate facilement que même avec le prix de l’azote au niveau de 2022, la fertilisation azotée est gage de rentabilité et de qualité.
Naviguer dans le blé
Le blé s’insère très bien dans la rotation et permet de bien répartir les travaux. De plus, il est possible d’y implanter un trèfle en saison afin d’obtenir un crédit d’azote pour la culture subséquente. La fertilisation azotée du blé est liée au marché auquel il est destiné. Le niveau de protéine est important dans le cas du marché de la panification pour la farine à pain. Dans le cas du blé de provende pour le marché des meuneries, la teneur en protéine n’est pas un critère de classement. Il est important de déterminer le marché visé pour ne pas fertiliser avec de l’azote additionnel (90 $/ha et plus avec de l’urée), comme démontré dans le tableau 4 et le graphique 1.
En conclusion, il est facile de constater qu’il est possible de naviguer dans les grandes cultures avec le prix élevé des intrants. Il est bien de se remettre en question et d’échanger avec son expert-conseil pour optimiser la rentabilité des cultures. Il faut prendre des décisions judicieuses pour ne pas nuire à la rentabilité de l’entreprise. Évidemment, les producteurs qui ont investi pour améliorer la fertilité et la productivité de leurs sols vont encore mieux s’en tirer en 2022.
Note : Les tableaux de rendement présentés dans cet article sont des données tirées d’essais de la Ferme de recherche de Sollio Agriculture.