La génétique au cœur de la réussite à la Ferme Charmax

La Ferme Charmax à Saint-Patrice-de-Beaurivage mise sur la génétique et la gestion pour accroître l’excellence en production bovine et ovine.

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Reportage de ferme
Gestion
Claudia Poulin et Frédéric Berthiaume
Passionnés de génétique, Claudia Poulin et Frédéric Berthiaume possèdent un troupeau de quelque 250 brebis Romanov pur-sang.

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Stéphane Payette

Collaborateur

Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à Novago Coopérative. Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.

La Ferme Charmax, à Saint-Patrice-de-Beaurivage, dans la région de Chaudière-Appalaches, s’apprête à accueillir sa septième génération. L’entreprise exploite un troupeau bovin et un autre ovin. Frédéric Berthiaume, sa conjointe Claudia Poulin et leur fils Zachary partagent une caractéristique commune : la passion de la génétique.

Ouverts aux idées nouvelles, sans tout bousculer, les Poulin-Berthiaume cherchent constamment l’amélioration. Les agriculteurs sont suivis mur-à-mur depuis presque 12 mois par leur experte-conseil Stéphanie Jalbert d’OptiBœuf, et les performances s’améliorent à leur plus grand bonheur.

La bergerie abrite quelque 250 brebis pur-sang Romanov. Elles sont logées dans l’ancienne porcherie que Frédéric exploitait avec son père. Le choix des brebis et des béliers est toujours fait pour aller chercher le plein potentiel des animaux. La même philosophie s’applique au troupeau bovin, que la Ferme Charmax exploite avec la Ferme Claudia Poulin. « Nous avons 120 vaches Angus noir, pur-sang elles aussi. Nous produisons également des taures Angus noir. Nous avons développé une clientèle qui achète des femelles F1 issues d’un croisement Simmental-Angus. Nous vendons également des taureaux Angus », amorce Frédéric Berthiaume.

Les veaux sevrés seront développés jusqu’au stade semi-fini, puis vendus par l’entremise du service Placement de Veaux. Les acheteurs de la Ferme Charmax sont fidèles, les bêtes sont même réservées longtemps avant d’être sur le marché. Cette renommée trouve son origine dans la passion qui anime les artisans de l’entreprise.

« Les performances, nous allons les chercher grâce à la génétique. Nous l’améliorons depuis une quinzaine d’années. Le gain moyen quotidien (GMQ) a littéralement explosé. Tout est relié à la génétique. La performance, la facilité de vêlage, la conformation, nous avons amélioré tout ça », raconte Frédéric avec des étincelles dans les yeux. Les parents avouent que le fruit de la relève n’est pas tombé loin de l’arbre. « Zachary est tout aussi passionné de génétique. Quand vient le temps de choisir un taureau, nous pouvons passer passablement de temps là-dessus », affirme le Beaurivageois.

Le tournant Sollio pour optimiser l’élevage

Le calendrier des vêlages du troupeau de la Ferme Charmax se déroule sur trois périodes, soit décembre-janvier, mars-avril et début juin. Les gestionnaires voulaient optimiser tant le poids des veaux que la période de mise bas. « L’an dernier, nous avons fait du foin moins bon que ce que nous souhaitions. Les veaux nous semblaient moins beaux sous la mère. Nous avons donc introduit la moulée Déroboeuf (Bovatec) de Sollio. Les résultats ont été concluants. Nous avons sevré les veaux à une moyenne de 307 kg (676 lb), c’est 31 kg (68 lb) de plus que l’an passé en moyenne. Ça change tout. C’est beaucoup moins long emmener un veau au poids de semi-finition, qui est de 374 kg (825 lb), si tu pars avec un veau à 307 kg plutôt qu’un veau qui est sevré à 249 kg (550 lb), par exemple », exprime Frédéric.

L’expérience a enthousiasmé Claudia et Frédéric au point que les quatre groupes de vaches-veaux sont maintenant équipés de mangeoires à la dérobée afin que les veaux aient accès à la moulée Déroboeuf (Bovatec). Les Poulin-Berthiaume étaient habitués à brasser des affaires avec une autre enseigne, mais la persévérance de l’experte-conseil Stéphanie Jalbert d’OptiBoeuf S.E.N.C a pesé lourd dans la balance décisionnelle, au point qu’ils s’approvisionnent maintenant chez Avantis Coopérative.

« Je ne suis pas quelqu’un qui change souvent de place. Stéphanie est passée souvent et elle me donnait beaucoup d’infos. C’est vraiment le service-conseil qui m’a fait changer de fournisseur. Elle a travaillé fort pour me convaincre d’embarquer avec Sollio. Au printemps, nous avons décidé d’y aller all in avec Stéphanie. Elle répond tout le temps quand je l’appelle et elle m’a souvent offert des produits que les autres n’ont pas. Ça a commencé par le Minéral Opti Boeuf Reproduction l’an dernier, ensuite la moulée est arrivée et, depuis quelques mois, nous donnons du Minéral Transiboeuf. Nous avions des retards dans les vêlages et nous ne savions pas si c’était le taureau qui ne faisait pas sa job ou les taures qui n’étaient pas prêtes. Bref, Stéphanie nous a proposé d’essayer ce minéral (Opti Boeuf Taureau) et les résultats ont été bons. Nous avons devancé les premiers vêlages d’un mois. Nous allons poursuivre l’essai pour nous assurer que nous avons bien cerné le problème », avance Frédéric.

Les succès de la Ferme Charmax illustrent l’importance de combiner le désir de progrès des producteurs aux connaissances d’experts-conseils. « Frédéric travaille super fort pour s’améliorer dans tous les secteurs de la ferme. C’est vraiment agréable de travailler avec eux », confirme son experte-conseil Stéphanie Jalbert.

Bovins couchés

Des pâturages en évolution

Les pâturages de la Ferme Charmax ne sont pas que des stationnements pour animaux. Au total, quelque 235 hectares (580 acres), dont 101 ha (250 acres) en location, produisent les denrées nécessaires à l’alimentation. Ils sont au cœur des préoccupations économiques, indispensables pour assurer la pérennité des activités. Certaines prairies ont 50 ans au compteur. L’amélioration de la qualité des fourrages sera à l’ordre du jour. Les terres pâturées sont divisées en parcelles pour alimenter les animaux bovins. « Nous avons six groupes de vaches et deux groupes de taures. Chaque groupe a accès à de trois à six parcelles. »

Les Poulin-Berthiaume admettent ne pas être des types culture. Ce n’est pas leur truc. Les prairies sont composées principalement de graminées auxquelles sont ajoutées des légumineuses comme le trèfle au moyen du sursemis généralement effectué après la première coupe. Bien qu’ils avouent nettement préférer les soins prodigués aux bêtes, les gens d’affaires ne négligeront aucun détail.

« Nous savons que de bons pâturages, c’est la clef de la rentabilité. Nous visons à ne pas alimenter le troupeau à l’aide des balles rondes, dès sa sortie au printemps jusqu’aux premières neiges. Cette année, à cause de la sécheresse, ç’a été impossible, mais c’est notre but », insiste Frédéric. « Nous avons comme objectif de maximiser nos pâturages. Nous pourrions subdiviser les parcelles. Soit garder la même superficie que nous avons présentement et diminuer le nombre de vaches, soit augmenter le nombre de vaches par parcelle pour les optimiser. »

Ce reportage est paru dans le Coopérateur d'avril 2026.

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