Sauvons la planète, brûlons du gaz naturel… renouvelable!
Une première coopérative agricole d’énergie renouvelable au Québec est lancée. Elle transformera les lisiers de 11 producteurs laitiers en gaz naturel renouvelable (GNR). Un projet mobilisateur, un geste concret dans la diminution des émissions de gaz à effet de serre.
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Non pas un, mais bien trois ministres québécois s’étaient déplacés pour souligner le lancement de la Coop Agri-Énergie Warwick, une initiative de la Coop Carbone que soutient La Coop fédérée. Au lutrin, les Jonatan Julien (Énergie et Ressources naturelles), André Lamontagne (Agriculture) et Benoit Charette (Environnement et Lutte contre les changements climatiques), en plus de la secrétaire parlementaire de la ministre du Développement économique Canada, Élisabeth Brière, étaient tout sourire. Sur les 12 M$ d’investissement, 4,7 M$ proviennent de fonds publics. Soulignons également la participation financière du Mouvement Desjardins et de Fondaction CSN.
Au printemps, la construction du complexe de biométhanisation s’amorcera sur la route Kirouac, à Warwick. Cette municipalité fait partie de la MRC d’Arthabaska, de loin la plus laitière des 87 MRC québécoises. Le réseau gazier d’Énergir, qui passe sur le rang, permettra de relier l’usine. Les 2,3 millions de mètres cubes de GNR qui seront produits dès l’automne 2020 seront achetés à un tarif préférentiel qui a permis la réalisation du projet.
Sans dévoiler le prix d’achat confidentiel du GNR, les vice-président et directeur GNR chez Énergir, Éric Lachance et Mathieu Johnson, soulignent qu’Énergir acquiert le GNR sur le même principe qu’Hydro-Québec achète l’énergie éolienne, plus couteuse à produire. Néanmoins, estiment-ils, c’est le prix à payer pour développer une filière gazière renouvelable solide au Québec et pour diversifier le portefeuille énergétique des Québécois.
Concrètement, le projet réduira les GES de 6500 tonnes d’équivalent CO2 annuellement, l’équivalent de 1700 voitures, selon le ministre Julien. « C’est un gain tangible, pragmatique », mentionne-t-il, soulignant que l’investissement gouvernemental par tonne évitée de CO2 équivalent est plus faible que dans d’autres projets de réduction des GES.
Rencontré à la conférence de presse, le militant écologiste André Bélisle de l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique n’avait que de bons mots pour le projet, qui s’inspire largement d’autres initiatives du milieu municipal ou de pays comme le Danemark. « Ce gaz propre éliminera une partie du gaz ou du mazout sale », image-t-il.
Pour le président de la Coop Agri-Énergie Warwick, Urs Studhalter, le projet est synonyme de hausse de la valeur fertilisante des lisiers, car le biodigestat présente une analyse plus riche. De plus, les producteurs diversifieront leurs revenus de manière appréciable, estime le producteur laitier.