La Filière porcine coopérative : une année de prospérité et d’excellence

Les résultats techniques et financiers sont au rendez-vous. La Filière porcine coopérative se porte mieux que jamais.

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Filière porcine coopérative
Jean-François Roy, président de la Filière porcine coopérative en prise de parole
Jean-François Roy, président de la Filière porcine coopérative

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

Une performance qui s’accélère

« Malgré un contexte mondial en constante évolution et souvent incertain, l’année qui s’amorce s’inscrit dans la continuité de la précédente, avec des perspectives de prospérité encourageantes pour notre secteur », a exprimé d’entrée de jeu le président de la Filière, Jean-François Roy, en assemblée générale annuelle, le 23 avril dernier, à Victoriaville.

La Filière, dans sa mission, qui consiste à offrir un lieu de concertation et de collaboration pour ses acteurs, se soucie d’offrir des produits porcins de qualité, à prix compétitifs, à des clients situés partout sur la planète.

« Le Japon est un marché stratégique pour le porc du Québec, donne pour exemple celui qui est producteur de porcs à Saint-Praxède et qui occupe également un siège aux conseils d’administration de Sollio Groupe Coopératif et d’Olymel.

La présence grandissante de chaînes comme Costco contribue à accroître la demande pour du porc de qualité. Notre force collective est un avantage pour saisir ces occasions d’affaires. »

Autonomie alimentaire : 38 %

Le président de Sollio Groupe Coopératif, Richard Ferland, a d’ailleurs récemment effectué un voyage au Japon pour y visiter les principaux partenaires d’affaires d’Olymel et y mousser les liens commerciaux. Saviez-vous que l’autosuffisance alimentaire du Japon n’est que de 38 % ? Et que près de 50 % de la viande consommée au Japon est importée ? Saviez-vous également que 16 % des exportations d’Olymel sont destinées au Japon? Et que près de 20 % du porc réfrigéré (Chilled Pork) qu’importe ce pays proviennent d’Olymel?

« Le Canada jouit d’une solide notoriété, a souligné Richard Ferland. Les clients japonais ont pleine confiance en Olymel. Ils apprécient notre agriculture familiale et la qualité constante de nos produits. Nous y sommes reconnus comme un modèle en matière d’exportation. Notre relation d’affaires avec eux dure depuis plus de 30 ans. Les Japonais veulent ce que nous avons de meilleur. Nous sommes fiers de nourrir une des populations les plus exigeantes au monde. »

Créer de la richesse

« La Filière a aussi pour mission de créer de la richesse et de la redistribuer parmi ses membres, ajoute Jean-François Roy. En 2025, plus d’un million de porcs Coop ont été livrés chez Olymel, dont près de 90 % de porcs qualifiés, c’est-à-dire dans la strate de poids idéale. »

Au cours du même exercice financier, l’excellence des résultats de Sollio Groupe Coopératif ont permis le versement de dividendes aux membres de la Filière.

« Ces résultats s’inscrivent dans la continuité du redressement amorcé au cours des dernières années, a déclaré Richard Ferland. Des résultats qui reposent sur des bases solides que nous avons bâties grâce à un travail rigoureux de consolidation, à des gains en efficience opérationnelle, à l’optimisation de nos actifs et à une révision en profondeur de notre structure de financement. Notre modèle coopératif crée de la valeur pour ses propriétaires. »

Oui au statu quo!

Le contexte mondial, marqué par des incertitudes économiques, des tensions commerciales et des dynamiques géopolitiques, évolue rapidement.

Puisque protégé par l’entente de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), le porc demeure pour l’instant exempt de tarifs douaniers américains.

« Nous surveillerons de près le processus de révision de l’Accord qui devrait s’amorcer cet été, rappelle Richard Ferland. Nul ne peut en prédire l’issue, mais pour une fois, le statu quo ferait largement notre affaire! »

« Cela dit, des tarifs imposés par la Chine sur nos exportations de viande de porc sont toujours en vigueur, ajoute Richard Ferland. Certaines rumeurs veulent que notre secteur soit le dommage collatéral des tarifs imposés par le Canada sur l’acier et l’aluminium chinois, et qu’il en soit conséquemment une monnaie d’échange. Nous gardons espoir et poursuivons nos représentations pour que les choses s’améliorent. »

Une génétique de pointe

La nouvelle génétique PIC adoptée par la Filière a porté ses fruits. « Nous en avons constaté des retombées concrètes dans notre programme de croisement de cochettes, a mentionné Jean-François Roy. Les performances en matière de prolificité, de gains de poids et de conversion alimentaire en témoignent. »

Primes et moratoire

Le conseil d’administration de Sollio Groupe Coopératif avait mis en place en 2023 un programme de primes pour soutenir les producteurs en matière de fabrication à la ferme, d’aliments complets ainsi que pour l’adoption des pratiques de bien-être animal en maternité.

« Cet appui se poursuit, a annoncé le président de la Filière, et compte des mesures additionnelles telles que la bonification du rabais sur les cochettes et le soutien financier pour le transport des porcs à l’abattoir. »

Enfin, la levée du moratoire sur l’adhésion de nouveaux membres à la Filière porcine coopérative se poursuit, a-t-il ajouté. Les producteurs membres d’une coopérative et livrant leurs porcs chez Olymel peuvent effectuer une demande d’adhésion, dans le respect des exigences du cahier des charges.

Une année exceptionnelle

« L’année 2025 aura été exceptionnelle pour la production porcine québécoise, renchérit de son côté Joël Zummo, directeur général de la Filière porcine coopérative et du regroupement des équipes réseaux. Au cours des 20 dernières années, seule 2014 avait offert de meilleures marges aux producteurs. »

« Ce qui nous a permis de ‘’rêver mieux’’, a-t-il poursuivi en reprenant les mots du chanteur Daniel Bélanger. Ç’a été l’occasion d’améliorer la rentabilité de nos entreprises et d’en assurer la pérennité. »

La Filière, avec l’ensemble de ses membres, devrait produire plus d’un million de porcs d’ici la fin de 2026, a fait savoir le directeur général.

BEA 2029

C’est en 2029 qu’entreront en vigueur les exigences liées au bien-être animal, un moment charnière pour notre Filière, souligne Joël Zummo. Les truies devront alors être logées dans des bâtiments qui s’y conforment. Pour ceux et celles dont les bâtiments n’y répondent pas et qui désirent procéder à leur transformation, des décisions stratégiques s’imposent :

  • Quel sera le choix de ma relève?
  • Rénovation intérieure ou agrandissement?
  • Quels seront les besoins de mon acheteur de porcelets?
  • Ai-je la possibilité de produire tous mes porcs (espace engraissement)?
  • Quelles sont les demandes de mon transformateur?

Enfin, le dernier exercice de la Filière a également été marqué par une forte demande pour des bâtiments d’engraissement. En effet, explique Joël Zummo, le projet de règlement visant à lier le droit de produire aux installations existantes, sans offrir de flexibilité pour convertir ou agrandir certains sites, a entraîné une pression importante sur l’acquisition de bâtiments.

« Il est important de rêver »

Jean Poulin, agronome et directeur canadien du développement des affaires des affaires chez PIC, a présenté les plus récentes avancées en élevage avec sa conférence Toujours un pas devant, la technologie au service de la génétique qu’il a été invité à prononcer lors de l’assemblée générale.

L’entreprise PIC est active dans 39 pays à tous les niveaux de la pyramide de l’élevage porcin :

  • Amélioration génétique
  • Développement de troupeaux pur-sang
  • Croisements pour la production parentale
  • Femelles hybrides F1 et verrats terminaux

« Chez PIC, nous pensons qu’il y a encore des opportunités de développement des performances, a mentionné Jean Poulin. D’ici 2035, il serait possible d’atteindre plus de 46 porcelets sevrés par truie productive par année. » Les productivités les plus élevées se chiffrent aujourd’hui à un peu plus de 36 porcelets.

Le nombre de porcelets sevrés par portée, toujours d’ici 2035, pourrait quant à lui passer de 14,4 à 18,8. Le poids sevré par truie, de 218 kg à 291kg. Les porcelets sevrés par truie à vie, de 65,7 à 85,3. Le poids vendu par truie, de 4423 kg à 6172 kg, et l’efficacité de l’alimentation, de 2,44 à 2,29.

Voilà des données qui en ont subjugué plus d’un!

La quête sans fin du cochon parfait

Indice génétique du comportement en groupe, caractéristiques de la viande (couleur, tendreté, persillage), analyse de la physionomie, sélection pour des performances robustes, résistance aux maladies (dont au SRRP), PIC ne recule devant rien pour trouver l’animal idéal!

Le porc recherché

« C’est en créant de la valeur que nous assurerons notre pérennité, a fait valoir de son côté Daniel Rivest, chef de l'exploitation d'Olymel qui occupera le poste de chef de la direction de l’entreprise en juillet prochain après le départ de Yanick Gervais.

La volaille a pris la place du bœuf dans l’assiette des Québécois et des Canadiens. Olymel veut y mettre plus de porc. Et à l’étranger également dans les marchés d’exportation de l’entreprise : États-Unis, Mexique, Corée du Sud, Japon.

On souhaite aussi, bien entendu, une baisse des tarifs de 25 % imposés par la Chine depuis un an, le quatrième marché d’exportation d’Olymel.

Olymel, qui abat 130 000 porcs par semaine au Canada, se distingue par la qualité de ses produits et de son savoir-faire, de la ferme à l’assiette. « Il importe de respecter les bons poids d’élevage à l’année, a souligné Daniel Rivest. Ce qui permet d’offrir un produit plus uniforme, notamment. »

Le porc que le consommateur recherche est à valeur ajoutée, facile à apprêter, prêt à cuisiner, attrayant, savoureux. « Ces caractéristiques sont importantes, les marchés le demandent », note Daniel Rivest qui promet d’offrir de nouveaux produits qui répondent aux nouvelles tendances. Le nouvel aménagement de l’usine La Fernandière, qui sera pleinement fonctionnelle dans les semaines à venir, permettra entre autres des percées dans le reste du Canada avec des produits à valeur ajoutée.

Enfin, la fièvre porcine africaine demeure une préoccupation constante. Olymel milite pour l’établissement d’ententes de régionalisation avec ses partenaires à l’étranger. Le Canada en a conclu avec les États-Unis et les Philippines, mais aucune, pour le moment, avec la Chine, le Japon, le Mexique et la Corée du Sud.

Hommage à Yanick Gervais

Lors de l’assemblée générale, le président de Sollio Groupe Coopératif, Richard Ferland, a chaleureusement remercié Yanick Gervais pour son engagement exceptionnel au fil des années. « Après plus de 25 ans au sein de notre grande famille, dont plus de 15 ans à La Fernandière et 10 ans chez Olymel, tu as toujours œuvré avec une profonde conviction envers le succès de l’organisation, pour nos employés, nos producteurs et les communautés que nous desservons. Cet apport laisse une empreinte durable. La plus grande richesse dans l’acquisition de La Fernandière, avait alors mentionné le PDG d’Olymel, Réjean Nadeau, c’est Yanick. »

Élection au comité de coordination de la Filière

Trois postes étaient en élection. Deux postes de producteurs indépendants sont désignés par leur secteur et un poste réservé à un gestionnaire est désigné par son secteur.

Pour le poste désigné Coop-Ouest, une seule candidature a été soumise, soit la candidature de Jean-Paul Lefebvre de la ferme Porcalef, pour un mandat de trois ans.

Pour le poste désigné Gestionnaire-Ouest, une seule candidature a été soumise, soit la candidature de Gervais Laroche, chef de la direction de VIVACO groupe coopératif, pour un mandat de trois ans.

Pour le poste désigné Coop-Est, Maxime Néron a été élu par acclamation pour un mandat de trois ans.

Lisez également « Les Groins d’argent 2026 soulignent l’excellence porcine ».

Merci de votre participation!

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