Endettement, partie 7 : Toujours plus de prêts?

Vincent Giard et Alain Beaudry, de Financement agricole Canada, commentent la situation de l’endettement des entreprises agricoles.

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Témoignage et entrevue
Gestion
Plantes poussant sur des pièces de monnaie.

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

Coopérateur : Le pourcentage de fermes endettées augmente-t-il?
Alain Beaudry : Oui. Au cours des 10 dernières années, l’endettement a augmenté plus rapidement que le revenu net. De façon générale, les marges ont diminué avec le temps.

Le message ne passe pas en matière de contrôle de l’endettement?
A.B. : Je ne pense pas que le message ne passe pas. Les meilleurs producteurs sont extrêmement efficaces. Ils sont capables de supporter un niveau d’endettement aujourd’hui plus élevé qu’il y a cinq ans. Ils ont bien su utiliser la technologie, qui génère des liquidités. Par exemple, ils savent précisément combien ils peuvent payer une terre. L’endettement augmente, parce que nous sommes dans une période de transition des actifs entre les générations. En 2020, beaucoup de producteurs âgés ont vendu des milliers d’acres, en cherchant à en obtenir le plus possible.

Vincent Giard : L’écart entre la valeur marchande des terres et leur valeur économique n’a jamais été aussi grand. En plus, les producteurs veulent rester à jour sur le plan technologique, dans un contexte de marges bénéficiaires plus minces. La clé, c’est de maintenir l’équilibre entre la taille de la ferme, son endettement et les habiletés de gestion technique et financière de l’entrepreneur. La gestion est parfois le maillon faible. La différence entre ceux qui font de l’argent et ceux qui en arrachent est dans l’efficacité de gestion.

Refusez-vous des projets?
A.B. : Oui, quand la capacité de remboursement n’est pas là, car l’entreprise ne pourra pas faire face à ses obligations. On questionne. On accompagne. On présente les impacts des décisions.

V.G. : Les producteurs doivent se donner des outils. Le tableau de bord en est un. Pas besoin de 50 cadrans. Une dizaine donnent l’heure juste sur la rentabilité de l’entreprise et permettent de réagir rapidement : intervalle vêlages, production par jour, composants, liquidités, etc. En cas de coups durs, le producteur doit avoir des plans B et C prêts à être mis en place pour redresser les finances de l’entreprise. Ça atténue les risques.

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