Endettement, partie 3 : Les capacités de gestion sont le nerf de la guerre

En affaires, l’endettement est inévitable, voire nécessaire : mise à niveau technologique, équipements, terres, bien-être animal.

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Témoignage et entrevue
Gestion
Illustration de tracteur.

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

Mais utilisé à l’excès, il devient un jeu dangereux, anxiogène. Beaucoup d’agriculteurs en paient lourdement les frais. voici un Entretien avec Luc Béland, agronome, directeur du district Québec à la Banque TD, qui nous donne quelques conseils Pour éviter de tomber dans le piège, ou pour s’en sortir, .

Coopérateur : Pour éviter l’endettement excessif, que recommandez-vous en premier lieu?
Luc Béland : D’arrêter de travailler 12 h et plus par jour. De se donner le temps de réfléchir à sa situation financière, à la planification stratégique de son entreprise et à l’avenir de sa famille. Un producteur m’a déjà dit qu’il trouvait plus payant de réfléchir dans son bureau plutôt que de faire des travaux manuels.

D’autres conseils bien avisés?
S’entourer d’une équipe de professionnels multidisciplinaire bien choisis : directeur de compte, conseiller en gestion, comptable, etc. Tu ne peux pas tout savoir. Il faut être près de ses chiffres et bien les comprendre : budgets (réalistes), ratios, fonds de roulement, coûts de production, états financiers.
Puis, il faut se dresser un plan. On pense trop à court terme, pas assez à moyen et long terme – on veut aller où, comment et quand? –, afin d’assurer son avenir durable et rentable, de permettre à la relève de bien s’intégrer et aux parents de se retirer l’esprit tranquille. Le secret du plan est dans son exécution. Il faut éviter les décisions prises sous le coup de l’émotion. La formation continue est également primordiale pour rester top niveau.

Si la situation s’envenime, comment s’en sortir?
Il faut améliorer son temps de réaction, ne pas pelleter en avant. Si ton coût d’alimentation est trop cher de 7 $/hl, n’attends pas six mois avant d’agir. Il faut adopter le thinking d’un entrepreneur agricole aguerri, calmement, et demander de l’aide. Où sont mes problèmes? Où est-ce que je perds de l’argent? On doit s’attaquer aux deux, trois points majeurs qui ont le plus d’impact. Puis optimiser la production, réduire les coûts, augmenter l’autofinancement. Ça peut prendre un certain temps, parfois même quelques années. Il faut avant tout sauver le patrimoine familial et se donner la latitude pour saisir les bonnes occasions d’affaires.

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