Endettement, partie 2 : Une à deux heures de paperasse par jour…
En affaires, l'endettement est inévitable, voire nécessaire: mise à niveau technologique, équipements, terres, bien-être animal. mais utilisé à l'excès, il devient un jeu dangereux, anxiogène.
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Beaucoup d'agriculteurs en paient lourdement les frais. pour éviter de tomber dans le piège, ou pour s'en sortir, voici quelques conseils de producteurs bien avisés.
Luc Gervais, copropriétaire de la Ferme Germec avec son frère Daniel et leur cousin François, ne considère pas cette tâche comme une lourdeur administrative. Plutôt une façon de veiller aux affaires de leur entreprise laitière de Hérouxville – un projet de 1,8 million $, réalisé en 2018.
Coopérateur : En quoi consistait votre projet?
Luc Gervais : On voulait construire une nouvelle étable à taures et à vaches taries de 34 m sur 70 [111 pi sur 228] ainsi qu’une fosse.
Pourquoi?
Grâce à un gain de quota, on avait relogé temporairement les vaches taries en pension et les taures dans une de nos vieilles étables pour faire place, dans le bâtiment de traite, à une cinquantaine de vaches supplémentaires. C’était rapide, pas trop cher, mais pas idéal comme logistique, ni pour la gestion de notre temps ni pour le confort des animaux.
Quelle a été votre démarche?
Il faut bien planifier dès le début. On a visité plusieurs fermes, fait dessiner des plans, parlé à beaucoup d’intervenants. On a choisi un bâtiment à deux sections. D’un côté, les vaches taries et les veaux en mode litière accumulée. De l’autre, les taures en logettes avec matelas. On a demandé des soumissions pour tout, avec équipements en place. On a même fait un plan électrique afin que l’électricien, dans sa soumission, ne déborde pas. Ç’a coûté quelque chose, mais ça évitait les imprévus. Les barrières, on les posait nous-mêmes.
Une fois les soumissions effectuées, on savait le montant total nécessaire. Puis on a fait des budgets de paiements. On était dans les négociations de l’ALENA. C’était stressant, pour nous et pour les banques. On a fait trois budgets en fonction du prix du lait. Un prix bas : 68, 69 ¢ le litre. Un prix moyen et des dépenses plus élevées en cas d’imprévus. Et un prix normal et des dépenses habituelles. Les trois arrivaient, même avec le plus bas, mais il ne restait plus de marge. J’ai présenté les trois scénarios aux institutions. Notre demande de prêt a été acceptée. Total : 1,8 million $.
Tenez-vous un budget, une comptabilité?
Absolument. En moyenne, je travaille une à deux heures par jour dans les papiers. Je vérifie toutes les factures. Je fais les demandes de remboursement de TPS et de TVQ au mois. Ça fait des liquidités qui entrent. Mon budget est fait en début d’année. Revenus, dépenses, chaque mois. Mes deux associés, Daniel et François, le commentent et l’acceptent. Je fais des comparaisons. Je détermine les fluctuations. Ça donne l’heure juste. Si le budget réel ne correspond pas au budget projeté, je ne vais pas le corriger, à moins d’une erreur. Je ne m’arrange pas pour que ce soit beau et enligné.
Avez-vous des conseillers?
Oui. C’est essentiel. On travaille avec Financement agricole Canada et Desjardins, avec notre coopérative et notre vétérinaire. Et avec l’UPA en matière de ressources humaines et de formation. Il y a beaucoup de soutien dans le milieu, il faut en profiter.
Lire l’article complet dans l’édition de mai-juin 2021 du Coopérateur