Deux frères, deux employés, trois traites

Sans relève, les frères Michel et Normand Piché ont choisi d’embaucher deux travailleurs guatémaltèques pour effectuer trois traites par jour. Cette façon de faire, adoptée il y a quatre ans, leur a permis de hausser leur production sans agrandir l’étable ni ajouter de vaches.

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Michel Piché, Normand Piché, Victor et Hector
Les frères Normand et Michel Piché, en compagnie de leurs deux employés guatémaltèques, Victor et Hector.

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Patrick Dupuis

Directeur et rédacteur en chef au magazine Coopérateur

Agronome diplômé de l’Université McGill, Patrick travaille au Coopérateur depuis une trentaine d’années.

4 fermes, 4 modèles de traite. Carrousel, robots ou employés? Des entreprises nous font part de leur choix de mode de traite.

[Troisième de quatre]

À des milliers de kilomètres de leur Guatemala natal, Hector, 29 ans, et Victor, 28 ans, se plaisent énormément dans l’entreprise des frères Piché, à Saint-Basile de Portneuf. Travailleurs, fiables et minutieux, ils réussissent à produire 170 kg de quota avec quelque 125 vaches.

Il y a quatre ans, Michel et Normand Piché se sont retrouvés aux prises avec un « heureux problème » : en raison des achats de quota et des allocations de droits de produire, leur étable devenait tout simplement trop petite. En d’autres termes, il aurait fallu agrandir le bâtiment pour y accueillir plus de vaches et combler le manque de production.

Qui plus est, Camille, leur fidèle employé de très longue date – qu’avaient embauché leurs deux oncles, à qui ils ont acheté l’entreprise en 2004 – se blesse et ne peut plus donner son plein rendement.

Michel, alors âgé de 50 ans, et Normand, 48 ans, mettent les bouchées doubles. Mais avec un troupeau de cette taille et les 400 ha de terre (1000 acres) dont il faut aussi s’occuper, ils n’en peuvent tout simplement plus. « On manquait de temps, et c’est l’entreprise qui nous “runnait”! » lance Normand.

Donc, comment produire plus avec le même troupeau et sans agrandir l’étable? Solution : passer de deux à trois traites par jour et embaucher des travailleurs guatémaltèques, réputés pour leur ponctualité, leur vaillance et leur professionnalisme.

Résultat, la production a grimpé de 15 %. « Les frais fixes demeurent les mêmes, indique Martin Grenier, expert-conseil à La Coop Univert. Le gain se fait avec le même nombre de vaches. Michel et Normand ont augmenté leur masse critique en grossissant à l’intérieur des murs et en confiant la traite à leurs deux employés. »

Martin fait aussi partie de l’équipe de l’entreprise. Il collabore à la constante réflexion que mènent les propriétaires pour optimiser leur troupeau et leurs bâtiments.

L’embauche des deux Guatémaltèques a permis aux producteurs de consacrer plus de temps à la gestion de leur ferme et aux travaux des champs. En plus de faire la traite, Hector et Victor agissent comme sentinelles pour détecter tout problème de santé dans le troupeau.

Les deux amis de San Marcos, au Guatemala, ont passé six mois à la ferme (durée moyenne d’un séjour pour les travailleurs étrangers). Ils y ont travaillé entre 55 et 65 heures par semaine, pour un salaire six fois plus élevé que dans leur pays (entre 13 et 14 $ l’heure). En plus, les propriétaires les logent et leur fournissent câble, téléphone et Internet, ainsi qu’une voiture.

Ce salaire leur permet d’améliorer sensiblement leur qualité de vie une fois de retour dans leur pays : construction d’une maison, éducation des enfants, soins de santé pour la famille, etc.

« Cela fait quatre ans que nous accueillons, tous les six mois, deux travailleurs du Guatemala », indique Michel. « C’est rentable et leur présence améliore en plus notre propre qualité de vie », ajoute Normand.

Vous pouvez lire le reportage complet dans l'édition de septembre 2017 du magazine Coopérateur

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