Doit-on détruire les cultures de couverture à l’automne?

On vous aide à faire un choix éclairé quant à la meilleure culture de couverture et à sa gestion en fonction de vos sols et de vos objectifs.

Publié le
Article technique
Protection des cultures
Cultures de couverture avec un bâtiment en fond

Auteurs de contenu

Image de Lyne Beaumont

Lyne Beaumont

Agronome et Responsable de produit et de l’agronomie chez Semences Maizex

Entre les futures réglementations sur les sols couverts et les différents programmes d’aide financière liés aux cultures de couverture, il y a la vraie vie.

Dans la réalité du terrain, il y a les sols couverts qui se réchauffent trop lentement au printemps, les trèfles qui poursuivent leur croissance malgré les brûlages et le ray-grass annuel qui n’est pas aussi annuel que son nom le laisse croire.

L’intégration des cultures de couverture dans les rotations est un excellent moyen d’améliorer la santé des sols. Retirer les bénéfices recherchés sans créer de nouveaux problèmes est beaucoup plus facile avec un peu de préparation.

Mais faut-il les détruire ou les conserver jusqu’au printemps? Évidemment, la réponse est : ça dépend!

Connaître sa couverture de sol

On peut regrouper les cultures de couverture en trois catégories : celles qui meurent en hiver, celles qui survivent à l’hiver et celles qui ont un comportement différent selon les hivers.

Malgré son nom, le ray-grass annuel entre dans la troisième catégorie. Utiliser du ray-grass intercalaire a plusieurs avantages, mais il se pourrait que les plants reprennent vie au printemps même si son nom nous indique le contraire. Une visite de champ au printemps nous évite bien des problèmes.

Du côté des légumineuses, les trèfles rouge, blanc et Alsike sont vivaces, le trèfle incarnat est bisannuel, mais peu rustique, ce qui fait que dans la plupart des régions, ils meurent l’hiver. La destruction ou non du trèfle à l’automne dépend de l’espèce utilisée.

Il faut également garder en tête que certaines vivaces sont beaucoup plus difficiles à détruire au printemps. La décision doit prendre en compte la culture suivante et les herbicides qui seront utilisés.

La rotation

Les espèces annuelles ont l’avantage d’être détruites par le gel sous nos conditions. Les résidus laissés à la surface contribuent à diminuer l’érosion. D’un autre côté, une biomasse importante au printemps peut participer au contrôle des mauvaises herbes et augmenter l’activité microbienne du sol.

Si votre objectif est d’avoir des racines vivantes pendant l’hiver, faites votre choix en fonction de votre rotation. Par exemple, les céréales d’automne sont plus faciles à détruire que le trèfle rouge. Toutefois, le seigle d’automne peut avoir un impact négatif sur le rendement de la culture suivante. En général, le maïs sera plus sensible à cet effet que le soya.

La culture suivante, les herbicides disponibles et leur efficacité sur les cultures de couverture au printemps devraient aussi faire partie de la prise de décision.

Humidité et réchauffement au printemps

Les couverts qui survivent à l’hiver peuvent contribuer à assécher le sol plus rapidement au printemps. Le seigle d’automne est un bon exemple, il vaut mieux le détruire rapidement lors de printemps secs. À l’inverse, les champs avec de grandes quantités de résidus vont s’assécher plus lentement et le semis de certaines cultures peut en être retardé.

Le choix de conserver ou non un couvert jusqu’au printemps doit donc tenir compte du type de sol, de la quantité de résidus et de la culture suivante.

Travail de sol

On vous recommande de semer dans de bonnes conditions de sol et, en même temps, le plus tôt possible. Dans certains cas, comme en semis direct ou dans les sols lourds ou moins bien égouttés, les choix de la culture de couverture et du moment de sa destruction peuvent avoir un impact important sur la date de semis.

C’est tout le système de culture qui est à évaluer. On pourrait dans certains cas privilégier certaines espèces qui laissent moins de biomasses aériennes ou encore détruire chimiquement le couvert à l’automne. Parfois, il vaut mieux laisser aller un incitatif financier et effectuer les travaux qui sont le mieux adaptés à l’exploitation agricole.

Questions à se poser

Avant de détruire un couvert, on peut se poser les questions suivantes :

  • Quelle sera la culture suivante?
  • Le champ se réchauffe-t-il lentement au printemps?
  • Est-ce que la quantité de résidus va être bénéfique ou nuisible le printemps venu?
  • Est-ce qu’il existe un herbicide efficace pour contrôler le couvert au printemps et, si oui, qui en fera l’application?
  • Est-ce que l’objectif est davantage de biomasses ou davantage de facilité de semis?
  • Le couvert risque-t-il de produire des semences et de devenir une mauvaise herbe?
  • Cette culture de couverture est-elle admissible à une aide financière et quelles conditions faut-il respecter pour y avoir accès?

La meilleure stratégie n’est pas nécessairement de conserver toutes les cultures de couverture jusqu’au printemps ni de toutes les détruire à l’automne. Le succès repose sur l’espèce, le mode de destruction et la réalité de chaque entreprise agricole.

Une culture de couverture mal adaptée à la rotation ou détruite au mauvais moment peut retarder les semis, compliquer le contrôle des mauvaises herbes et réduire la performance de la culture suivante. À l’inverse, un couvert bien choisi et bien géré peut améliorer la santé du sol et contribuer à la rentabilité à long terme.

Cet article est paru dans le Coopérateur d'octobre 2026.

Explorer davantage

Autres suggestions de lecture