L’agroalimentaire après la pandémie

Le 31 mars dernier, Muriel Dubois, première vice-présidente du conseil d’administration de Sollio Groupe Coopératif, participait à une causerie virtuelle sur le secteur agroalimentaire, organisée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

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Nouvelle
Agroalimentaire
Panel de discussion avec les différents intervenants.

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Guylaine Gagnon

Directrice et rédactrice en chef du Coopérateur de 2006 à 2023

Embauchée en 1991 comme secrétaire-correctrice, Guylaine a gravi les échelons jusqu’à la fonction de rédactrice en chef du Coopérateur.

La discussion visait à répondre à deux questions, soit comment minimiser le choc créé par la pandémie sur le secteur agroalimentaire, et quelle peut être la contribution du secteur à la relance du Grand Montréal et comment maximiser cette contribution.

D’entrée de jeu, les panélistes s’entendent à dire que la pandémie n’a pas eu d’effet, ou très peu, sur l’approvisionnement en denrées alimentaires. « On peut lever notre chapeau à l’ensemble des producteurs et des transformateurs qui ont réussi à s’adapter, car on a à peine ressenti les effets, à part pour le papier de toilette », mentionne Johanne Héroux, Directrice principale, Affaires corporatives et communications aux Compagnies Lowblaw Limitée.

La première vice-présidente de Sollio Groupe Coopératif affirme que c’est la résilience du modèle coopératif, qui a permis de s’adapter pour qu’il n’y ait pas de bris dans la chaîne d’approvisionnement. « La pandémie est arrivée au printemps et c’est la saison pour semer. Il ne fallait pas qu’il manque de produits pour approvisionner les producteurs pour qu’ils puissent semer et récolter à l’automne. »

Le même scénario s’appliquait aux productions animales et dans les usines de transformation, a-t-elle ajouté. « C’est du vivant, la chaîne de production ne peut pas connaître de bris importants. »

L’agriculture urbaine a aussi bénéficié de cette pandémie pour se développer. « Avant la pandémie, raconte Jean-Philippe Vermette, notamment directeur intervention et politiques publiques du laboratoire sur l’agriculture urbaine, Montréal était déjà chef de file sur le plan de l’agriculture urbaine : premières serres commerciales sur toit au monde; première épicerie (IGA) à avoir un jardin sur son toit. On voit que la plantule était déjà en train de pousser; elle n’a fait que s’accélérer pendant la pandémie. »

Pour Martin Lavoie, président-directeur général du Groupe Export agroalimentaire, il y a de la place pour tous les modèles : l’agriculture urbaine, l’agriculture en région sur de plus grandes surfaces, la transformation et l’exportation. « Il faut aller dans une direction commune, et les entrepreneurs et les consommateurs y trouveront leur compte. »

La pandémie a démontré qu’on peut faire évoluer les choses rapidement. « En un an, on a propulsé le commerce électronique de 5 ans », affirme Jacques Nantel, professeur émérite de l’école des HEC Montréal. « Le secteur agroalimentaire a été un des derniers à entrer dans le commerce électronique, a poursuivi le professeur, et c’est clair qu’on ne remettra pas le dentifrice dans le tube. Beaucoup de consommateurs ont trouvé que c’était plutôt fonctionnel, même en produits alimentaires. »

La pénurie de main-d’œuvre était un défi avant la pandémie, et ce défi sera encore plus grand après la pandémie, selon Muriel Dubois. « La robotisation et l’automatisation permettront de combler plusieurs besoins, mais il y a des métiers, ceux de première ligne, pour lesquels il faudra reconnaître leur importance », estime-t-elle. Plusieurs possibilités s’offrent pour atténuer ce problème, telles que former ceux qui n’ont pas les qualifications, régionaliser l’immigration ou déplacer les emplois près des villes où se trouve la main-d’œuvre. « Il y a un potentiel énorme de valeur ajoutée à développer davantage la filière de transformation agroalimentaire, poursuit Mme Dubois. L’agriculteur produit, mais si on veut bonifier son revenu, il faut prolonger les chaînes de valeur. »

L’environnement sera un autre grand défi, selon Jacques Nantel. « Les consommateurs et consommatrices québécois étaient très sensibles à l’achat local, en 2020, dit-il, et ça va demeurer. » Mais les sondages et études montrent qu’ils sont nombreux parmi les 18-35 ans à considérer l’environnement comme une priorité et ils sont prêts à payer plus cher si les produits sont faits en conformité avec l’environnement. À suivre.

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