Conférence sur les tendances en technologies agricoles innovantes
Le 31 août dernier avait lieu à l’Expo-Champs le déjeuner-conférence de l’Alliance canadienne d’Agromarketing (ACAM Québec) sur « Les tendances en technologies agricoles innovantes : ce que prévoit l’avenir ». Quelques dizaines de spectateurs ont assisté à la présentation donnée par Olivier Demers-Dubé, directeur des programmes d’innovation à la Zone Agtech.
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Les grandes tendances
D’après le présentateur, cinq grandes tendances influencent actuellement les technologies agricoles, soit l’agriculture régénératrice, la gestion intelligente des intrants et l’agriculture de précision, les protéines alternatives et les bioproduits végétaux, l’ag-robotique et, finalement, l’agriculture en environnement contrôlée, ou « fermes verticales ».
L’agriculture régénératrice se définit entre autres par un ensemble de principes et de pratiques qui visent une amélioration, voire une restauration de l’écosystème du sol, une meilleure absorption du carbone atmosphérique, une plus grande résilience face aux phénomènes météorologiques extrêmes et une réduction de l’utilisation de produits chimiques et de pesticides. Les cultures vivaces, les cultures de couverture et l’élevage holistique en sont quelques exemples qui sont actuellement mis en pratique et qui continueront à l’être à l’avenir. On peut également penser aux biostimulants qui aident les plantes à absorber eau et nutriments, afin de réduire l’utilisation des pesticides.
La gestion intelligente des intrants et l’agriculture de précision procèdent par une analyse précise de chaque parcelle afin d’optimiser les rendements tout en réduisant les intrants. Satellites, drones, capteurs connectés et sondes diverses sont mis à contribution pour récolter ces informations qui sont, pour l’instant, surtout analysées par des humains. Les technologies de demain devraient quant à elle passer par l’intelligence artificielle, qui pourrait faire un référencement croisé des données en vue de les traiter et d’en tirer des conclusions... sans intervention humaine. Dans un avenir rapproché, peut-être pourra-t-on laisser entièrement entre les mains d’un robot la responsabilité d’une irrigation ciblée aux champs!
Toute personne ayant traversé les rayons de viandes à l’épicerie aura également croisé sur son passage diverses protéines alternatives d’origine végétale. Ce créneau, en forte croissance depuis 2020, devrait continuer à se développer et compter pour 11 % de l’ensemble du marché des protéines d’ici 2035. La revalorisation des déchets ou des surplus agricoles est particulièrement ciblée par cette tendance.
Pour ce qui est de l’ag-robotique, soit la fabrication de robots dédiés à l’agriculture, elle permettrait de répondre directement à des besoins spécifiques, comme le manque de main-d'œuvre et certains effets liés aux changements climatiques. Analyse du sol, contrôle des mauvaises herbes, cueillette de fruits, semis, sarclage, récolte... Les robots s'adaptent de plus en plus aux cultures qui demandent encore une grande manipulation manuelle et pourraient prêter la précision de leurs bras et de leurs écrous aux champs!
Quant à l’agriculture en environnement contrôlée, elle ferait actuellement l’objet d’un bel enthousiasme chez les investisseurs, séduits par l’utilisation optimale de l’eau, la capacité de production annuelle et le coût de l’électricité au Québec. L’industrie de la culture verticale devrait, selon les prévisions présentées, augmenter de près de 24 % par an, pour atteindre 19,9 milliards $ en 2028.
Quels sont les enjeux?
Le conférencier faisait également la lumière sur les principaux enjeux expliquant les recherches et les objectifs liés à l’utilisation de ces technologies.
Il relevait par exemple l’importante augmentation de la population, qui devrait croître de plus de deux milliards de personnes d’ici 2050, nécessitant une hausse de 70 % de la production agricole. Les impacts des changements climatiques pourraient quant à eux prolonger les saisons de culture au Québec et agrandir le territoire exploitable, tout en amenant de nouveaux ravageurs de culture, de plus fréquentes sécheresses ou inondations, des périodes de gel et de dégel, ou encore des sols appauvris. Des recherches et de nouvelles technologies seraient donc être nécessaires.
Les ressources limitées, comme la pénurie de main-d'œuvre et l’augmentation du prix des intrants ou des matériaux, ou la législation visant de plus en plus une agriculture durable affectent également les techniques qui se développent pour l’avenir de l’agriculture.