3 règles pour maximiser les kg de protéines

Livrer des kg de protéine demande de travailler sur deux fronts : la concentration de protéines dans le lait et la quantité de kg de lait livrés. Voici comment.

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Article technique
Production et rendement
Vache holstein regardant la caméra à travers les barreaux

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Annick Delaquis

Agronome et nutritionniste en production laitière chez Sollio Agriculture

Annick Delaquis est détentrice d'un doctorat en alimentation animale.

1. Viser le rumen d’abord

Le rumen fournit de 60 à 80 % de l’énergie et plus de 50 % des acides aminés métabolisables dont la vache a besoin pour produire du lait. Le premier objectif pour optimiser les kg de protéine laitière est donc de maximiser la fermentation ruminale et la croissance microbienne.

Les hydrates de carbone fermentescibles (HCNF) sont une source d’énergie pour les microbes. Plusieurs travaux ont démontré une corrélation significative entre l’apport en HCNF, plus particulièrement l’amidon, et la production de protéine (Graphique 1). Et qui dit plus de concentré dit également plus de lait si le pH du rumen reste sous contrôle.

Si on alimente la vache avec trop d’HCNF fermentescibles et que le pH ruminal chute, on réduit la croissance des bactéries cellulolytiques et la digestibilité de la fibre. Conséquences : moins d’énergie métabolisable produite par la fermentation et un risque accru de dépression du gras du lait.

Graphique sur la relation entre l'amidon digestible dans le rumen et la protéine de lait

2. Satisfaire les besoins énergétiques

La synthèse de protéine, que ce soit la protéine musculaire, laitière ou les enzymes protéiques est un processus qui demande des acides aminés comme blocs de construction, mais aussi de l’énergie. Donc, avant de penser à peaufiner les sources de protéine et les acides aminés, il est important de combler les besoins en énergie métabolisable.

Une bonne fraction de cette énergie viendra de la fermentation ruminale, comme mentionné ci-haut. Le reste viendra de l’absorption intestinale de glucides et des gras de la ration.

Le graphique 2, adapté d’une méta-analyse de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) en 2016, illustre bien le concept. Chaque courbe représente un niveau d’énergie différent dans la ration. Entre chacune, il y a une différence de 0,13 Mcal/kg de matière sèche (MS). L’axe des x représente les variations de protéines métabolisables (MP) dans la ration. On constate que la réponse de la vache en termes de protéine laitière est plus accentuée (pente plus forte) lorsque l’énergie de la ration est comblée. On conclut aussi que les vaches répondent sur une plus grande plage de protéine métabolisable.

Graphique sur l'impact de l'apport de protéine métabolisable sur la protéine du lait à différents niveaux d'énergie métabolisable

3. Satisfaire les besoins en protéine et acides aminés métabolisables

Les besoins en énergie sont comblés et la protéine microbienne est maximisée. Que reste-t-il? Les besoins en protéine métabolisable. Ils seront comblés par les sources de protéine non dégradable (PND) ajoutées au programme alimentaire.

Les ingrédients les plus communs pour apporter de la PND sont des sources de soya et de tourteau de soya ayant subi un traitement de chaleur, le fin gluten de maïs et certaines farines animales.

Comme le profil d’acides aminés de chacune de ces sources est différent, pour combler les rations conventionnelles qui manquent en premier lieu de méthionine et de lysine, il devient avantageux d’utiliser, d’abord, plus d’une source de PND dans une ration avant de, ensuite, combler la ration avec des acides aminés protégés.

Formuler des rations pour les acides aminés demande de la précision. Ce sont des nutriments requis en « grammes » par jour. Donc, avant de penser à optimiser les niveaux, il faut s’assurer que le poids des vaches pour lesquelles on formule la ration soit bon, que la consommation de matière sèche soit connue et que les analyses des ingrédients de base (fourrages et sous-produits) soient à jour. Rappelons-nous par ailleurs que les mélanges fabriqués en usine passent par un système de contrôle de qualité et viennent avec une analyse garantie.

Au cours des dernières années, les recherches sur les besoins et les rôles des acides aminés chez la vache haute productrice ont explosé. On comprend maintenant que certains acides aminés ont des rôles autres que d’être un bloc de construction pour la synthèse de chaînes protéiques. Par exemple, la méthionine a des propriétés antioxydantes, la lysine semble impliquée dans la synthèse de gras, et les acides aminés à chaîne ramifiée stimulent la synthèse protéique. On peut donc s’attendre à ce que les recommandations se peaufinent encore dans les années à venir.

La demande pour la protéine laitière ne semble pas prête de ralentir et offre une belle opportunité de croissance pour l’industrie. Que ce soit par la sélection génétique, la régie ou l’alimentation, la filière s’organise pour répondre à la demande.

Point de vue régie et alimentation, on comprend que maximiser la fonction ruminale est primordial pour apporter une protéine métabolisable de qualité à la vache. Pour ce faire on ajuste les rations, les apports d’HCNF, de fibre digestible etc., mais on prend le temps d’évaluer la régie des mangeoires : pas de surpopulation, un accès à la ration en tout temps, de l’eau en abondance, des repas frais en été, des ventilateurs en été pour limiter l’impact du stress thermique.

Prenez le temps de discuter avec vos experts-conseils de la meilleure stratégie de régie de troupeau et d’alimentation à adopter pour votre entreprise.

Continuez votre lecture avec Comment augmenter le ratio SNG/G sans se nuire?

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