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La Ferme Valrick : épique et sympathique

Photo : Jean-Samuel et Julien encadrent leur sœur, Laura-Élyse (les trois enfants du couple), qui étudie pour devenir infirmière, comme sa mère, Sonia Fulham. Celle-ci s’occupe avec brio de la page Facebook de la ferme, dont sont actionnaires Stéphane et son père, Gérald. (crédit : Elzephoto) 

C’est une étoile montante de la génétique laitière en même temps qu’une ferme confrontée à des défis de taille pour son avenir. C’était au tour du Club Holstein Saint-Hyacinthe de recommander une ferme parmi ses 234 membres, en vue de la tenue du traditionnel pique-nique.

Avec 65 vaches en lactation (dont seulement une ne porte pas le préfixe VALRICK), la meilleure moyenne de classification en 2019 au sein du Club (86,37 points) et de nombreuses distinctions dans des expositions au cours des cinq dernières années, la Ferme Valrick, située à Saint-Louis, était une candidate évidente. Mais voilà, pandémie de COVID-19 oblige, le cours des choses a été chamboulé du tout ou tout. La 76e édition du fameux pique-nique Holstein, qui attire bon an mal an 3 000 visiteurs, ne pourra s’y tenir, comme prévu, le 11 juillet prochain.

« L’occasion de se réunir à la ferme pour les visiteurs sous le thème Far West n’est que partie remise, mentionne Sonia Fulham, conjointe de Stéphane Lavallée (propriétaire de l’entreprise avec son père Gérald) et présidente du pique-nique 2020-2022. La journée, qui se tiendra en 2022, se voudra écoresponsable, une grande première pour le Pique-nique. Les visiteurs pourront compenser leurs émissions de carbone à un kiosque à cet effet s’ils le souhaitent. Malgré les circonstances, nous sommes heureux que les partenaires acceptent de poursuivre leur engagement avec nous, et ainsi faire en sorte que notre évènement soit une belle réussite! »

Haute génétique

13 h 35. Normalement, nous aurions rendez-vous avec Stéphane et sa bande, mais un producteur de lait en traite robotisée est venu scruter le troupeau, en quête de deux bonnes productrices aux trayons bien positionnés. Les discussions vont bon train : ce sera marché conclu quelques minutes plus tard. Voilà un rituel que la Ferme Valrick aimerait voir souvent dans son étable, où abondent les sujets aux forts pédigrées et aux pis exceptionnels : 11 EX M, 11 EX, 46 TB, 8 BP. Sur Facebook également, car après deux protocoles de surovulation, on vient enfin de récolter 17 embryons viables sur la star du troupeau, VALRICK CHARLIE MÉLODIE (EX-95 3E, 96 points pour le système mammaire), une vénérable bête de cinquième lactation sacrée Grande Championne et Championne Propriété Élevée durant cinq années consécutives – un record inégalé en 182 ans d’histoire de l’Expo agricole de Saint-Hyacinthe. Une autre vedette en devenir dans le troupeau, VALRICK HIGHOCTANE MONACO, classée TB-88 points à sa première lactation, devrait aussi impressionner prochainement.

Les producteurs sont tous à la recherche de vaches belles, bonnes et en bonne santé. Pour leur fournir de tels animaux, des éleveurs atténuent les imperfections de la race par des croisements, qui sont une source infinie de débats entre Jean-Samuel, Julien et Stéphane, durant la traite ou bière à la main… ou les deux en même temps! « On a nos préférées et on essaie de se battre l’un l’autre aux expositions ou lors des classifications », rigole Jean-Samuel. « C’est maladif, on ne pense qu’à ça! » ajoute son paternel, qui sait qu’il faut parfois de la patience avant qu’un diamant brut se révèle être un petit bijou sur quatre pattes. Le chemin parcouru est d’ailleurs impressionnant : de 15 vaches croisées en 1980 à une entreprise de 83 kg de quota et 66 places dans la vacherie.

Mais voilà : le marché de la génétique s’est considérablement rétréci. En dollars constants de 2017 et selon les données du Centre canadien d’information laitière, les prix moyens des vaches en lactation, des taures en gestation et des embryons vendus dans les encans au Canada ont chuté de 20, 20 et 29 % respectivement, quand on compare la moyenne des années 2012-2017 à celle des années 2005-2011. Les meilleures années semblent passées, mais la Ferme Valrick persévère dans cette voie, persuadée que ses animaux se démarquent suffisamment pour intéresser d’autres éleveurs et producteurs.

Sonia, qui a un pas de recul grâce à sa carrière d’enseignante en soins infirmiers, reste lucide. « La génétique est stimulante et nous alimente, mais pas à tout prix. Notre désir le plus cher, c’est d’avoir les reins assez solides pour continuer de vivre notre passion en passant le flambeau à la relève, tout en ayant le luxe d’une retraite aisée. »

Lire l'article complet dans l'édition de mai-juin 2020 du Coopérateur.

Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste en communication et dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est, où il cultive le raisin de table commercialement.

etiennegosselin@hotmail.com

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste en communication et dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est, où il cultive le raisin de table commercialement.