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Nutrinor : pionnière dans la production de volaille sans antibiotiques

Nutrinor coopérative

Photo : Gracieuseté de Nutrinor coopérative

Nutrinor est à l’écoute des exigences des consommateurs et prend les devants pour y répondre. Ses initiatives sont nombreuses : plan de développement durable, mise sur pied d’une chaîne de valeur agroalimentaire, production de lait biologique. L’élevage de volaille sans antibiotiques en est une autre.

Chantal Bélanger, coordonnatrice principale de l’activité commerciale chez Nutrinor, n’est pas peu fière. Dans les 13 bâtiments d’élevage de poulets à griller que possède cette coopérative du Saguenay–Lac-Saint-Jean, on n’utilise aucun antibiotique. De plus, Nutrinor a reçu la certification Certified Humane, décernée par l’organisation Humane Farm Animal Care, qui a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des animaux de ferme et de sensibiliser les consommateurs à cette cause. Nutrinor produit annuellement plus de deux millions de poulets à griller sans antibiotiques.

Commencer à petite échelle

« En participant aux comités volailles de Sollio Agriculture, on a réalisé que le challenge des maladies auquel on devait faire face était nettement moins élevé dans notre région qu’ailleurs en province, indique Chantal Bélanger. Nous n’étions pas meilleurs que d’autres, mais on s’est dit que la “barrière naturelle” qu’on appelle le parc des Laurentides jouait peut-être en notre faveur. En plus, il n’y a que deux producteurs de poulets à griller au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ce qui limite la propagation des bactéries. » 

En 2014, la coopérative décide donc de se lancer dans la production de poulets sans antibiotiques. Elle commence prudemment, avec un lot dans un seul de ses bâtiments d’élevage. L’essai est concluant : ça fonctionne. Un deuxième lot vient appuyer ces résultats. Puis un troisième et un quatrième. Mais la maladie finit par se déclarer. 

« Notre vétérinaire nous avait avisés des risques de la production sans médicaments et indiqué comment s’y prendre en cas de pépin, souligne Chantal Bélanger. On ne laisse pas souffrir les oiseaux. Si la mortalité dépasse le seuil acceptable, par éthique professionnelle, on fait appel au vétérinaire. Mais au lieu de procéder à un traitement à grande échelle (dans l’eau, par exemple), on ciblera un seul des deux ou trois étages du bâtiment – bref, l’endroit où se trouve le problème. »

Après l’essai de divers produits de remplacement (des huiles essentielles, entre autres), la coopérative en est arrivée à la conclusion qu’elle ne devait servir aux oiseaux que du grain, des vitamines, des minéraux et du gras végétal.

Dans les premiers temps, le poulet était acheminé, au même prix, sur le marché du poulet standard. Puis, un abattoir régional s’est montré intéressé par les oiseaux de Nutrinor et a commencé à en accepter quelques lots. Depuis 2017, tous les poulets élevés sans antibiotiques dans les bâtiments de la coopérative sont expédiés à cet établissement, qui en assure la mise en marché.

« Les performances techniques obtenues en élevage sans antibiotiques sont légèrement inférieures à la moyenne provinciale, indique Chantal Bélanger. Il y a un peu plus de mortalité dans un élevage sans antibiotiques, de 0,5 à 1 % de plus, mais c’est compensé largement par le meilleur prix obtenu et les coûts de production moins élevés. » Chez Nutrinor, élever de la volaille sans antibiotiques fait partie d’une philosophie globale visant à produire mieux.

Il est possible de produire sans antibiotiques à grande échelle, souligne Chantal Bélanger. « Ça fait maintenant six ans qu’on le fait. On a appris par nous-mêmes. On s’est rendu compte que c’était important d’avoir une qualité d’eau impeccable, de contrôler l’humidité et la température. La marge d’erreur est mince. On a maintenant la situation bien en main, grâce à nos employés, et on est capables de voir venir. Il y a une question de feeling avec les animaux, qu’on a appris à développer. »

Les volailles produites par la coopérative ne sont toutefois pas biologiques. « Mais l’intérêt pour en élever est grand, dit la coordonnatrice. Nutrinor a une meunerie biologique, et on fabrique déjà des aliments bios. On travaille là-dessus. Ça ne saurait tarder. » 

Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

patrick.dupuis@lacoop.coop

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop