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Raconte-moi ta coop : Avantis Coopérative

Avantis Coopérative

Photo : Caroline Fournier

 

Gaétan Vachon, maire de Sainte-Marie, Denis Dion, producteur porcin, laitier et céréalier et maire de Saint-Narcisse-de-Beaurivage, ainsi que Normand Caron, directeur de la Ferme-école Lapokita, située à La Pocatière, racontent le lien qui unit leur organisation à la coopérative établie dans leur ville.

 

Une coop au cœur d’une ville 

 

Petits gâteaux de la Boulangerie Vachon et inondations printanières récurrentes en raison des débordements de la rivière Chaudière. On associe facilement Sainte-Marie à ces symboles légendaires. Cette agglomération aux portes de la Beauce occupe les deux rives de la rivière et regroupe 14 000 Mariverains, le joli gentilé qui désigne ces fiers habitants aux ambitions entrepreneuriales reconnues. En cette ère où les femmes prennent la place qui leur revient dans la société, rappelons que Sainte-Marie tire son nom de Marie-Claire de Fleury de La Gorgendière (1708-1797), qui, à la mort de son époux, le seigneur Thomas-Jacques Taschereau, a administré seule la seigneurie pendant 24 ans! L’entrepreneuriat au féminin, version Beauceronne.

Le maire de Sainte-Marie et préfet de la MRC de La Nouvelle-Beauce, Gaétan Vachon, n’est parent ni avec Marie-Claire ni avec les Vachon de la boulangerie. Il n’en est pas moins un fier Mariverain. Avant même son arrivée en politique, en 2013, cet ex-directeur des opérations chez Telus durant 35 ans connaissait La Coop fédérée, ayant entretenu des relations d’affaires avec elle comme fournisseur de services.

Avant de se lancer dans l’arène politique, Gaétan Vachon a cru bon d’aller dîner avec l’agronome Gaétan Roger, directeur général d’Unicoop, une des quatre coopératives formant aujourd’hui Avantis Coopérative. Préalablement au déménagement du siège social à Sainte-Marie, Roger avait fait produire des analyses. Aussi sa connaissance fine du territoire et du milieu socioéconomique était-elle un atout. « À l’époque, Sainte-Marie a connu la perte de certains siègent sociaux importants, qui se dirigeaient plutôt vers les grands centres urbains, dit le premier magistrat de la ville. Que la coopérative décide de faire l’inverse pour s’installer au cœur de Sainte-Marie, c’était visionnaire! » Il est impressionné par le leadership de l’organisation.

Aujourd’hui, ceux qui entrent à Sainte-Marie par la route Cameron peuvent voir du « wow » au coin du boulevard Vachon Nord, estime Gaétan Vachon : un lieu bien développé, avec la quincaillerie BMR, le garage New Holland, la station-service Sonic et le spacieux siège social d’Avantis. Le plan intégré d’aménagement de la municipalité et le cinquième fleuron qu’elle convoite aux Fleurons du Québec enjoliveront encore davantage le cœur commercial de Sainte-Marie, dont 70 % du territoire est tout de même consacré à l’agriculture.

Avec encore un terrain où construire de nouvelles infrastructures, le maire a déjà hâte aux prochains projets d’Avantis. Non pas pour couper un autre ruban rouge, mais pour le plaisir de mener d’autres projets avec ce dynamique partenaire de premier plan, une coopérative à flot, construite… loin de la zone inondable!

 

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Agriculteur à temps plein, coopérateur à plein temps!

Photo : Caroline Fournier

 

Denis Dion. Voilà un personnage coloré, Narcissien jusqu’au bout des bottes à embout d’acier! Père de quatre enfants et grand-père de cinq petits-enfants, cet agriculteur est maire depuis 2001 de Saint-Narcisse-de-Beaurivage. Son arrière-grand-père, François-Xavier, est venu s’installer dans la région vers 1873. Elle était déjà fréquentée depuis 1820 par une belle mixité de colons irlandais, canadiens-français, allemands et anglo-saxons.

De la bouche de son père, Rosaire, âgé de 89 printemps, l’homme a entendu raconter qu’avant l’arrivée des coopératives les fermes n’avaient pas beaucoup de services et que ceux-ci étaient souvent médiocres. En 1941, sa coop locale, Saint-Narcisse – devenue La Coop Seigneurie dans les années 1970, puis Avantis Coopérative en octobre 2018 –, a généré un bénéfice de 33 $ à sa première année d’existence. Au début des années 1980, Denis Dion était à l’étable quand l’actuel directeur général d’Avantis, Gaétan Roger, fraîchement émoulu de l’université, est venu conseiller son premier client sur ses rations pour vaches.

L’agriculteur a vu s’effectuer les regroupements au sein des coopératives agricoles, mais il se veut rassurant. « Le mouvement coopératif a changé, parce que les entreprises elles-mêmes ont changé. Jusque dans les années 1990, on envoyait des télécopies. Aujourd’hui, c’est le téléphone qui nous appelle quand il y a une alarme! » L’entreprise des Dion, auparavant sur trois sites et dans des bâtiments à stabulation entravée, est aujourd’hui à stabulation libre, avec trois robots de traite pour remplir un généreux quota de 195 kg. Denis Dion se rappelle quand ses vaches produisaient 6000 lb de lait par année. Elles en donnent aujourd’hui 11 400… kg! Ayant également des activités porcines et céréalières, l’entreprise comporte quatre entités juridiques, qui donnent du travail aux trois fils de Louise et Denis.

Le 27 février 1974, vers 16 h 25, occupe une place charnière dans la chronologie de Denis Dion. C’est à ce moment précis qu’il a parafé le contrat confirmant le transfert de l’exploitation d’une génération à l’autre. Avant de choisir le destin d’une vie agricole, Denis Dion a parfait ses expériences en s’expatriant… à deux kilomètres de la ferme. Son emploi de soir à la meunerie coopérative puis à l’épicerie coopérative, durant deux ans, l’a amené à côtoyer les gens, à s’impliquer, à réseauter.

Aujourd’hui, tout concourt à la consolidation, y compris entre fermes. À 64 ans, le maire Dion a vu bien des structures évoluer : fusions municipales, regroupement des caisses populaires et des services religieux. Il ne s’insurge pas devant de tels changements, puisqu’ils sont guidés par la diminution des coûts et le maintien de services adéquats. La force du nombre le justifie – on compte 2800 producteurs membres, 11 800 membres auxiliaires et 1100 employés au sein d’Avantis.

 

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Lapokita : ferme à vocation pédagogique, école à vocation agronomique

Photo : Jean-François Lajoie

 

À La Pocatière, on trouve un lieu d’apprentissage exceptionnel pour les étudiants de l’Institut de technologie agroalimentaire : la Ferme-école Lapokita, un organisme sans but lucratif… mais pas sans mission! L’endroit, exploité par des gérants en collaboration avec le personnel enseignant, accueille des étudiants venus apprendre à traire, nourrir, cultiver et réparer, ou simplement venus se familiariser avec le quotidien agricole. « Ce que j’aime le plus, c’est côtoyer les jeunes, les voir commencer et terminer des projets qui les font avancer », dit Normand Caron, directeur de la ferme-école.

« Lapokita, c’est une fierté régionale, poursuit-il. Nous ne sommes pas une ferme modèle, mais nous offrons un modèle de ferme, avec ses particularités et ses défauts, une ferme qui n’a pas son pendant au Québec, notamment avec nos actifs en gestion biologique. » Le terrain de jeux comprend un troupeau de 35 vaches Jersey et Canadienne en gestion bio dans un bâtiment froid sur litière compostée, un cheptel de 45 vaches Holstein et Ayrshire en gestion conventionnelle, une douzaine de vaches de boucherie, un centre équestre de 75 chevaux, deux lots annuels de 1000 poulets à griller et 325 ha de terre, dont 100 certifiés biologiques.

En avril 2000, un changement au statut légal a poussé à l’appropriation de la ferme par les organisations régionales (Union des producteurs agricoles, Centre de développement bioalimentaire du Québec, Valacta, Avantis et bien d’autres), qui ont investi temps et argent dans son développement. Groupe coopératif Dynaco a cru au potentiel de la ferme-école dès le départ, allouant, comme d’autres partenaires, 25 000 $ pour stimuler sa renaissance. Avant 2000, les revenus des fermes d’enseignement des deux campus de l’ITA (les fermes Maskita et Lapokita) étaient versés au fonds consolidé gouvernemental – rien pour stimuler le rayonnement à long terme de ces outils pédagogiques grandeur nature.

Sans but lucratif, la ferme-école cherche néanmoins la rentabilité, dans la mesure du possible. Lors des cinq dernières années, on a doublé le quota laitier pour aller chercher le plein potentiel des installations et de la dizaine d’employés qui assurent les activités quotidiennes. Les bons résultats technicoéconomiques positionnent bien la ferme, qui a relevé son degré d’autofinancement : il est passé d’à peine 20 % avant la réorganisation à 75 % aujourd’hui. Pour équilibrer les finances, une subvention annuelle est versée par le ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Encore aujourd’hui, Avantis s’implique dans la ferme-école en fournissant des intrants à prix avantageux et des conseils à profusion. L’alimentation des troupeaux laitiers et des chevaux est notamment confiée à deux technologues d’Avantis, deux diplômés de… l’ITA!

Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste en communication et dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est, où il cultive le raisin de table commercialement.

etiennegosselin@hotmail.com

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste en communication et dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est, où il cultive le raisin de table commercialement.