Ferme Racine, une famille unie et bien enracinée

par Étienne Gosselin

Les jeunes Étienne et Marc-Antoine Racine sont aux commandes. Jusqu’où ces deux frères, qui communiquent presque par télépathie, mèneront-ils leur entreprise de Casselman, dans l’Est ontarien?

Les fils de Louis, Étienne et Marc-Antoine, prennent la relève de leur père et des deux autres actionnaires, Jean-Charles et Francine (oncle et tante des repreneurs).

Ils sont cultivateurs, comme on dit encore dans ce coin de pays. L’infarctus de leur oncle, en 2014, a précipité les démarches, qui ont abouti à l’officialisation du transfert le 1er janvier 2016. Techniquement, comme la tante et l’oncle transféraient à leurs neveux, il a fallu faire évaluer l’entreprise et en cristalliser les actifs pour les vendre à leur valeur marchande, car l’impôt ne fait pas de cadeau en Ontario!

La valeur des actions a ensuite été convertie en une indemnité de départ et en un prêt remboursable sur 30 ans. Quant à Louis, il demeure actionnaire de l’entreprise à 50 %, car il est encore fringant à 55 ans! Actionnaires ou pas, Jean-Charles et Francine demeurent membres consultatifs au sein du nouveau conseil d’administration.

L’autre évènement majeur ayant influencé le cours des choses est l’incendie de la ferme, survenu en 2008. Seules 18 génisses ont pu être sauvées des flammes. Un feu qui a provoqué des réflexions profondes. L’éventualité de la reconstruction a permis aux jeunes repreneurs de 17 et 18 ans de se demander s’ils tenaient vraiment à leur choix de carrière. Une des deux filles de Francine est même venue traire les vaches durant un mois, pour finalement choisir le métier d’ébéniste. Quant à Marc-Antoine, il a repoussé d’un an son entrée au collège d’Alfred pour aider à la construction de la nouvelle étable, question d’économiser de fortes sommes en travaillant sur le chantier.

L’objectif des Racine est limpide : produire plus de lait en achetant du quota (il se situe actuellement à 160 kg). On ne sera pas obligé d’agrandir l’étable, car elle peut loger assez d’animaux pour une production de 200 kg, ce qui correspond à la cible. La ferme est donc en croissance, et on maîtrise tous les aspects multidimensionnels d’une entreprise laitière, pour un bénéfice net annuel impressionnant. Avant l’incendie, la ferme ne devait plus que 300 000 $.

Et les projets?

Pour Jean-Charles, ce sont les voyages d’hiver et le coup de main aux semis et aux récoltes. Francine profite de ses journées pour s’occuper de ses petits-enfants et transmettre son savoir comptable à Marc-Antoine.

Louis, le « cultivateur chantant », continue « d’être heureux au présent en travaillant pour aujourd’hui, pas seulement pour demain » – il doit aussi se produire en spectacle au Centre national des Arts, à Ottawa, en mars.

Marc-Antoine fait progresser l’entreprise et s’occupera de son enfant à naître. Pour Lysanne, sa conjointe, c’est l’occasion d’élever des enfants dans le parfait endroit pour cultiver les valeurs du travail, de la débrouillardise et de l’entraide.

Enfin, Étienne, toujours célibataire, travaille beaucoup à la ferme, – ainsi que sur son état matrimonial, afin de trouver une compagne de vie… et de lui aménager une stalle pour son cheval!

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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