Travail-famille : repousser ses limites

par Céline Normandin

CONCILIATION TRAVAIL-FAMILLE :
DEUX PASSIONS, UNE VIE

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Être mère et agricultrice n’a jamais été de tout repos. Mais à l’heure où beaucoup recherchent une meilleure qualité de vie, est-ce possible de concilier la famille et le travail quand on vit de l’agriculture?

Apprendre à repousser ses limites

Cynthia Coulombe connaît bien cette nouvelle réalité. Fille d’agriculteur, elle a concrétisé son rêve d’enfance en rachetant les actions de son oncle, il y a cinq ans. Elle est ainsi devenue copropriétaire avec son père d’un troupeau de 55 vaches Ayrshire. Elle siège au conseil d’administration de La Coop St-Fabien, mais aussi à celui du groupe local de relève Agro-Essor, en plus d’être secrétaire du Club Ayrshire du Bas-Saint-Laurent et trésorière de la Fondation de l’Écomusée de l’Est-du-Québec.

Mentionnons que Cynthia, âgée de 27 ans, est mère de trois enfants : Dylann (5 ans), Alexe (3 ans) et Lucas (18 mois). Ses journées ressemblent à « une course folle ». Levée à 4 h 30, elle lave chaque matin une brassée de linge avant de partir à l’étable pour la traite. Pendant ce temps, son conjoint, qui est représentant en service-conseil au Centre d’insémination artificielle du Québec, s’occupe des enfants. Cynthia revient à la maison pour passer un peu de temps avec eux, avant de les amener à la garderie. En fin d’après-midi, elle va les chercher, et son conjoint s’occupe de la routine du soir pendant qu’elle fait la traite. Son répit : elle est dispensée de la traite une fin de semaine sur deux.

Volontairement, le couple a désiré avoir des enfants avant la trentaine. Depuis le début du processus de transition, le père de Cynthia avait fait connaître son intention de se retirer au plus tard en 2017. « On voulait profiter du fait qu’il serait encore présent dans les premières années, parce qu’on savait que ce ne serait pas évident », explique la jeune femme.

Cynthia a elle-même repoussé ses limites, pas par choix, mais en raison des circonstances. Son père a dû être opéré d’urgence en septembre dernier. C’était le lendemain de la fin des récoltes, mais la veille du début d’un important chantier visant à améliorer le confort des vaches dans l’étable. Cynthia et son conjoint ont passé six semaines difficiles, mais cette épreuve l’a confortée dans les décisions qu’elle avait prises ces dernières années. « Quand mon conjoint et moi nous sommes retrouvés à faire la traite ensemble, on n’a pas eu besoin de se dire qui faisait quoi. Ça s’est fait naturellement, parce qu’on sait tous les deux ce qui doit être fait. On se complète bien et cela me laisse croire que tout ira bien une fois qu’on reprendra la ferme et qu’on travaillera ensemble. Je me dis que si j’ai pu traverser ça, je peux faire n’importe quoi. »


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Portrait de Céline Normandin

QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture. 

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