Travail-famille : l'avis des spécialistes

par Céline Normandin

CONCILIATION TRAVAIL-FAMILLE :
DEUX PASSIONS, UNE VIE

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Être mère et agricultrice n’a jamais été de tout repos. Mais à l’heure où beaucoup recherchent une meilleure qualité de vie, est-ce possible de concilier la famille et le travail quand on vit de l’agriculture?

Qu’en pensent les spécialistes?

Les horaires chargés et les obligations de plus en plus lourdes, c’est la réalité à laquelle se heurtent depuis toujours les familles en agriculture. Mais la situation a certainement évolué depuis 20 ans, surtout pour les femmes. Leur présence s’est affirmée et, de plus en plus, nombre d’entre elles sont copropriétaires des fermes. Les relèves féminines se sont également multipliées, ce qui a changé la donne du processus de transfert. Mais qui dit plus de responsabilités dit aussi plus de travail. Ce qui rend encore plus difficile le défi de concilier la vie d’agricultrice et celle de mère.

« On ne peut pas comparer la situation d’aujourd’hui avec celle de nos parents, confirme Maria Labrecque-Duchesneau, directrice générale de l’organisme Au cœur des familles agricoles. Les fermes étaient alors beaucoup plus petites. Aujourd’hui, elles ont doublé ou triplé de taille, avec deux ou trois fois plus de travail. Les femmes travaillaient aussi à la maison, alors qu’elles s’impliquent maintenant à l’extérieur, sans parler des activités parascolaires des enfants. C’est la même chose pour les grands-parents, qui étaient autrefois disponibles. Bon nombre d’entre eux occupent maintenant un travail à temps plein à l’extérieur. Ils ne peuvent pas donner un coup de main. »

Faire les bons choix pour soi

Pierrette Desrosiers, psychologue du travail et coach spécialisée dans le milieu agricole, confirme que les tâches se sont alourdies pour les femmes. « Elles occupent plus de place au travail, mais bien souvent, leurs tâches n’ont pas diminué à la maison. Il ne faut pas confondre équité avec équilibre. » Elle prévient que le burnout ou la séparation guette celles qui ne respecteront pas leurs limites, « car tout le monde a des limites », fait-elle remarquer. Elle conseille de faire des choix en priorisant ce qui est important et bon pour soi et sa famille. « Surtout, il faut ignorer ce que les autres disent ou diront concernant nos choix de vie. » 

La présidente de la Maison de répit pour les agriculteurs, Lise Tremblay, renchérit. Elle le constate tous les jours : la vie en agriculture est plus complexe et plus exigeante qu’avant. Elle insiste aussi sur l’importance de prendre du temps pour se reposer, tout en sachant que cette option n’est pas à la portée de tous. Elle aimerait bien voir apparaître une forme d’aide afin de soulager les familles quelques heures par semaine, ce qui permettrait à tous de se reposer et de constater que « la ferme va survivre même si l’on n’est pas là. »


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Portrait de Céline Normandin

QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture. 

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