Suicide en agriculture: que sait-on réellement?

par La rédaction

Crédit photo : 123rf

« Depuis des années, plusieurs médias, politiciens et intervenants rapportent qu’il y aurait un taux de suicide deux fois plus élevé chez les agriculteurs au Québec que dans la population en général, souligne Pierrette Desrosiers, psychologue du travail, conférencière et coach d'affaires dans le milieu agricole. Certains en rajoutent : jusqu’à trois ou quatre fois plus, entend-on. Qui dit vrai? La réponse: nous n’en savons rien. »

Ginette Lafleur, doctorante en psychologie, mentionne pour sa part que « la seule étude disponible, dirigée par le Dr William Pickett, indique que ce taux est le double de celui des hommes québécois, mais elle repose sur des données qui datent de trente ans (1971-1987). Les bases de données actuelles ne nous permettent pas d’actualiser le taux de suicide ».

« À force de le répéter, on finit par y croire », croit Pierrette Desrosiers. Bien entendu, tout suicide en est un de trop. Toutefois, en matière de médiatisation et d’information concernant le suicide, on se doit d’interpréter les statistiques avec prudence et d’utiliser des sources authentiques, fiables et récentes. À noter, toute médiatisation abusive, injustifiée ou sensationnaliste de cas spécifiques peut augmenter la détresse chez les plus vulnérables et avoir un effet de contagion.

Pierrette Desrosiers cite la perception d’un de ses clients : « S’il y a deux fois plus de suicides chez les agriculteurs et qu’en plus M. X l’a fait, c’est la preuve que la situation n’est plus vivable ». C’est ce genre de réaction qu’il faut éviter, dit-elle.

L’idée n’est pas de cacher ou de censurer. Toutefois, parlons de ce que nous savons; la détresse psychologique.

« Il faut prévenir, outiller, informer et donner l’heure juste », recommande Pierrette Desrosiers.

 

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