Pour des Fêtes sans disputes

par Hélène Cossette

Ah, le temps des Fêtes! Pour certains, c’est un merveilleux moment de retrouvailles et de réjouissances. C’est aussi une période propice aux querelles de famille. Pierrette Desrosiers nous donne quelques conseils pour éviter les conflits en toute connaissance de cause.

« Toutes les familles ont leurs conflits, remarque cette psychologue du travail spécialisée dans le domaine agricole. Les jalousies d’enfance et la compétition pour le regard des parents nous suivent toute notre vie. Des études montrent d’ailleurs que près de 50 % des gens ont une relation conflictuelle avec un membre de leur famille. »

Quand les relations familiales vont bien, cela ne signifie pas pour autant que tout le monde partage les mêmes opinions et les mêmes valeurs, tient-elle toutefois à préciser. « C’est plutôt le signe qu’on est capable de gérer ses émotions, d’accepter les autres tels qu’ils sont et d’admettre qu’ils aient des opinions différentes des nôtres. »


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Or, cette maturité émotionnelle varie énormément d’une personne à l’autre. « Si, en plus, l’amour, le respect et la confiance ne sont pas assez forts au sein de la famille, le risque de conflit est encore plus élevé », laisse-t-elle tomber.

Dans le milieu agricole, cette situation se complique du fait que les membres de la famille sont souvent associés en affaires. « Indépendamment de leur niveau respectif de maturité, ils passent beaucoup de temps ensemble au quotidien, ce qui multiplie les occasions de frictions », explique Mme Desrosiers.

Lorsqu’arrive le temps des Fêtes, le stress, la fatigue et les excès d’alcool peuvent exacerber les tensions accumulées pendant le reste de l’année. Sous l’effet de l’un ou l’autre de ces facteurs, certains perdront leurs filtres, d’autres céderont plus facilement à leurs pulsions de colère, d’autres encore deviendront plus sensibles à des commentaires qui ne les auraient pas atteints normalement. Il suffira alors d’une parole malheureuse et d’une réaction impulsive pour que la fête tourne au vinaigre!

Pour éviter ce type de situation, il faut apprendre à se connaître, à se gérer et à se donner des règles de conduite, résume la psychologue. « Je demande toujours aux gens quel genre de modèle ils veulent être pour leurs enfants. »

C’est pourquoi elle leur conseille notamment de surveiller leur niveau de fatigue et leur consommation d’alcool, et de se mettre d’accord avec leurs associés pour s’interdire de parler des problèmes de l’entreprise. « À moins que le feu ne soit pris dans l’étable, il y a d’autres moments plus appropriés pour en discuter », fait-elle valoir.


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On peut aussi avoir la sagesse d’éviter les sujets qui dégénèrent systématiquement en affrontements dans sa famille, comme la politique ou la religion. « Ce n’est pas de l’évitement, souligne-t-elle. C’est tout simplement admettre qu’on ne réussira pas à convaincre l’autre de son point de vue. »

La psychologue suggère en outre de se préparer mentalement. « Lorsqu’on sait que l’atmosphère risque d’être tendue, on peut faire à l’avance un choix conscient de ce qu’on veut être, de ce qu’on veut vivre et de ce qu’on veut faire vivre aux autres. On a souvent tendance à l’oublier, mais quand on s’embarque dans un conflit, c’est tout le monde autour de soi qui en souffre », rappelle-t-elle.

Lors d’un conflit, on ne contrôle pas ce que l’autre dit, mais on a toujours le choix de sa propre réaction, insiste-t-elle. « Ça semble un peu simpliste, mais si on prenait cinq bonnes respirations avant de réagir, on pourrait éviter bien des conflits. »


Pierrette Desrosiers est psychologue du travail, conférencière, coach d’affaires

pierrette@pierrettedesrosiers.com

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