L'Affluenza: la maladie du «toujours plus»

par Guylaine Gagnon

L’affluenza est une douloureuse maladie contagieuse transmise par la société, selon Clive Hamilton et Richard Denniss, les auteurs d’un livre sur ce sujet, lancé en 2005.

“Affluenzaˮ est formé de la contraction des mots anglais affluence (richesse, abondance) et influenza (grippe). C’est un sentiment d’insatisfaction chronique qui pousse l’individu à poursuivre la compétition avec ses contemporains pour être « à la mode, au goût du jour ». L’affluenza est présente dans toutes les sphères d’activité, même en agriculture.

« Les personnes les plus affectées par ce mal sont celles qui valorisent majoritairement la réussite sociale, la reconnaissance, le prestige, le pouvoir, la beauté, etc. », précise Pierrette Desrosiers.

Celles qui placent en priorité les relations familiales, le dépassement de soi, le développement des connaissances, la morale et l’éthique, poursuit la psychologue, sont moins touchés par ce mal.

Quelles sont les conséquences?

Cette obsession du « toujours plus » a des impacts autant sur les plans personnel et familial que sur la planète. Elle peut entraîner un endettement incroyable, donc des heures supplémentaires pour payer ses dettes, du stress, de la détresse, et même l’épuisement professionnel et la dépression.

Ce n’est pas mal de posséder beaucoup de biens, tient à préciser Pierrette Desrosiers. Mais quand ce besoin met en péril sa santé physique et psychologique, cela devient problématique.

Puis, au niveau planétaire, toute cette consommation et toute cette production de biens ont évidemment un impact sur la qualité de l’environnement.

Depuis quand ce mal existe-t-il?

Plusieurs éléments ont conduit à l’affluenza. Dans les années 1960, il était généralement bien défini à quelle classe de la société chacun appartenait : pauvre, moyenne, riche ou très riche. « La possibilité de sortir de son rang était difficile », précise Pierrette Desrosiers. L’arrivée du crédit a toutefois permis de décloisonner les classes. Tout le monde pouvait désormais se payer un certain luxe, même s’il n’en avait pas les moyens.

Autre élément : la religion, qui avait une plus grande emprise sur la population au cours des années 1950 et 1960, prônait la bonté et la générosité envers son prochain. Que l’on soit d’accord ou non avec ce discours de l’Église, il avait une influence sur les gens.

Quelques pistes de réflexion pour se protéger contre ce mal :

1. Prendre sa température; Il est d’abord important de prendre conscience de l’affluenza, de savoir jusqu’à quel point on en est atteint.

2. Faire un bilan de ce que nous coûte le besoin du « toujours plus »; On croit que répondre à ce besoin nous rendra plus heureux. Mais au contraire, cela occasionne des infortunes, telles que l’endettement, le stress, les tensions familiales, etc.

3. Pourquoi ai-je tant besoin de ça? Posez-vous ces questions : ai-je un grand besoin d’être reconnu? Ai-je peur de l’échec? Est-ce mon cerveau ou mon égo qui prend la décision d’en « avoir plus »?

4. En cédant à l’affluenza, qu’est-ce que je laisse tomber? Quand je dis oui à un plus gros tracteur, à plus de quota, à l’achat de nouvelles terres, à plus d’endettement, à quoi est-ce que je dis non? À la paix de l’esprit? À une vie familiale agréable et chaleureuse?

Est-ce que trop n’est jamais assez pour vous? Efforcez-vous plutôt de trouver l’équilibre, c’est-à-dire la zone qui vous permettra de répondre à certaines ambitions, mais aussi de demeurer zen et heureux!

Lire la version complète dans le Coopérateur de novembre-décembre 2016.

Portrait de Guylaine Gagnon

QUI EST GUYLAINE GAGNON
Guylaine a grandi sur une ferme dans la région de Lanaudière. Intéressée par l’écriture, elle ne croyait pas qu’un jour elle combinerait son métier à celui de ses parents. Embauchée en 1991 comme secrétaire-correctrice, Guylaine a depuis gravi les échelons jusqu’à la fonction de rédactrice en chef du Coopérateur.

guylaine.gagnon@lacoop.coop

 

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