La retraite, c'est pour les autres!

par Céline Normandin

DOSSIER DESTINATION : RÉPUBLIQUE DE LA RETRAITE

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Peut-on vraiment partir à la retraite quand on a travaillé toute sa vie à bâtir une entreprise? Tout à fait, répondent trois couples de retraités qui s’assument complètement. Mais encore, tout dépend de ce que l’on veut dire par retraite!

La retraite, c'est pour les autres!

« Je n’aime pas vraiment le mot “retraite” », lance d’entrée de jeu Benoit Ouellet, officiellement retraité en 2010. Son fils Sylvain a repris en 1999 l’exploitation laitière, la Ferme Ciboulette, située à Saint-Pierre-de-Lamy, au Témiscouata. La transmission de l’entreprise, parachevée en 2001, leur a valu le Prix transfert de ferme, de La Coop fédérée, en 2002. La véritable retraite de Benoit Ouellet est cependant venue avec la vente de son érablière, La Coulée dorée, à son autre fils, Carlo. Il s’agissait dans ce cas-ci d’une relève-surprise, puisque Carlo travaillait alors comme ingénieur électricien à Montréal. « La retraite, c’est pour les autres! C’est seulement un chiffre. J’ai toujours profité de la vie et je n’ai pas attendu pour le faire », indique Benoit.

« Ça fait effectivement du bien de ne plus avoir à prendre les décisions, car avec le temps, ça devient plus stressant. Mais ça m’a pris du temps à ne plus m’en faire, raconte-t-il. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus léger, je n’ai plus de décisions à prendre. Je vois que mes enfants prennent leur entreprise à cœur ».

Pour Régina Dubé, épouse de Benoit, la transition s’est faite tout naturellement. Bénévole depuis des années avec son mari, elle a continué à s’impliquer dans la collectivité. Ils ont profité de leur retraite pour voyager davantage et passer du temps avec leurs petits-enfants. Ils ont déménagé au village, et leur fils Carlo demeure juste en face de chez eux. Ils ont la chance de voir tous les jours leurs petits-enfants, qui viennent fréquemment frapper à la porte. Ils rendent aussi visite à leurs deux filles, qui résident dans la région de Québec. « Je fais le dépanneur, poursuit Benoit. Je travaille sur la machinerie et je vais à l’érablière une fois par jour dans le temps des sucres. J’en ai profité l’an dernier pour visiter les érablières du coin. Ce n’est pas quand on est malade qu’on peut le faire. » Le couple a cessé de voyager en raison d’ennuis de santé, mais Régina raconte que, à 73 ans, son mari est toujours très actif. « Il travaille encore! » dit-elle. « Je fais ce que je n’avais pas le temps de faire avant, ajoute Benoit. Il y a toujours quelque chose à faire, on ne s’ennuie pas! » 

Pour Benoit et Régina, les raisons d’être fier de leur relève ne manquent pas. La Ferme Ciboulette a décroché la troisième médaille d’argent du Mérite agricole 2014 et elle élève maintenant des Jersey qui font tourner les têtes. L’érablière de 52 000 entailles a pour sa part obtenu sa certification biologique, et les projets se multiplient de ce côté.  

Vous pouvez lire l'article complet dans l'édition imprimée du Coopérateur édition de juillet-août 2015.

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Photos : Patric Nadeau


  
   


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QUI EST CÉLINE NORMANDIN
Détentrice d’une maîtrise en science politique, Céline est journaliste-pigiste auprès du Coopérateur. Et ce n’est pas par hasard si elle se retrouve aujourd’hui à couvrir le secteur agroalimentaire puisqu’elle a grandi sur une ferme laitière. Sa famille est d’ailleurs toujours active en agriculture. 

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