Ferme St-Noël: témoignage d’un transfert d’entreprise

par La rédaction

(Source : La Coop Seigneurie)

Il est très gratifiant de posséder son entreprise agricole. Mais les étapes menant au transfert sont parfois longues, complexes et délicates. Mathieu Drapeau, nouvellement propriétaire de la ferme St-Noël, située Saint-Narcisse-de-Beaurivage et membre de La Coop Seigneurie, a accepté de partager son expérience.

Associé à la ferme depuis 2003, c’est le 1er janvier 2016 que Mathieu Drapeau devient propriétaire à 100 % de la ferme St-Noël. Une entreprise porcine naisseurs-finisseurs, qui compte 52 hectares (130 acres) en culture, moins d’un hectare en vignes, bleuets et maïs sucré, et une érablière de 3000 entailles.

Mathieu et ses parents, Angèle et Norbert, ont été accompagnés par l’équipe des Centres régionaux d’établissement en agriculture du Québec (CRÉA) tout au long du processus. D’abord, par des rencontres individuelles pour connaître les attentes, besoins et visions de chacun à l’égard du transfert, puis par des rencontres de groupe.

Un notaire, un fiscaliste et un créancier se sont ensuite greffés à l’équipe du CRÉA. Mathieu s’est alors vu présenter quatre scénarios d’entreprise. Il a opté pour la création d’une société (moins complexe) et d’une compagnie de gestion (impôt fixe), bénéficiant des aspects positifs de chacune des structures. À la suggestion du fiscaliste, Mathieu a réalisé le transfert sur une période de deux ans parce que c’était plus avantageux financièrement.

Même si Mathieu détient 100 % de l’entreprise, ses parents sont encore très présents. Son père aide régulièrement à la porcherie, aux travaux de champs et à l’érablière. Quant à sa mère, elle voit à la comptabilité, à la commercialisation des bleuets et des produits d’érables.

Depuis que le transfert est complété, Mathieu a fait l’acquisition de la cabane à sucre et a effectué quelques changements en matière de rotation des cultures. Éventuellement, il doit réfléchir à une stratégie en matière de ressources humaines et entreprendre des rénovations pour répondre aux nouvelles normes de bien-être animal.

Ce que Mathieu désire accomplir à son tour? Développer la commercialisation des petits fruits, et demeurer diversifié dans ses activités et ouverts aux changements.

Mentionnons qu’une 4e génération a vu le jour sur la ferme il y a quelques mois. La petite Émily pourrait devenir la prochaine relève, qui sait!


Éléments à retenir dans un transfert de ferme

  1. Impliquer sa relève agricole dans les décisions dès le début du transfert. Il s’agit de son avenir, il doit être à l’aise avec les changements et achats.
  2. Apprendre de nouvelles techniques en allant travailler à l’extérieur, avant que le transfert soit complété.
  3. Assurer une communication transparente et ne pas infliger de pression de part et d’autre. La proximité parentale est la clé du succès. Créer un environnement de confiance.
  4. Avoir un plan interne approuvé par l’ensemble des parties avant d’entreprendre les rencontres externes.
  5. S’assurer d’impliquer également ses fournisseurs dans le processus. Ils sont des alliés importants. Bien s’entourer, c’est primordial.
  6. Avoir un plan financier et stratégique solide et réaliste.
  7. Être patient. Le processus de transfert est long. Il faut prendre le temps de bien comprendre chaque étape.
  8. Partager ses attentes à l’ensemble de l’équipe (nouvel actionnaire et anciens actionnaires).
  9. Informer et rassurer les anciens actionnaires après le transfert.
  10. Être réaliste et structuré dans ses investissements.

Le rôle de la coopérative

Expertise, bons produits, prime Porc La Coop et Fonds coopératif d’aide à la relève agricole sont les éléments qui distinguent la coopérative de ses compétiteurs, selon Mathieu.

Éric Nadeau, expert-conseil en production porcine, et Marie-Michèle Giguère, experte-conseil en productions végétales, ont tous deux été actifs dans ce processus de transfert. Ils ont ainsi pu revoir leur offre en tenant compte du nouveau plan d’affaires. Mathieu souligne la disponibilité et la spécialité de Marie-Michèle et l’aspect technico-économique d’Éric. Ensemble, ils ont réussi à réaliser des économies importantes au sein de l’entreprise, tout en conservant des performances élevées.

Histoire de la Ferme St-Noël

1976 : Norbert Drapeau achète la ferme de son père, Rédempteur Drapeau. À l’époque, l’entreprise comptait 100 porcs et 11 vaches laitières.

1984 : De nouvelles constructions accueillent une maternité ainsi qu’un site d’engraissement.

1986 : Angèle, la conjointe de Norbert, devient associée. Près de 10 ans s’écoulent avant que les propriétaires vendent leur troupeau de vaches et se concentrent sur la production porcine. La vacherie devient alors une maternité et une pouponnière.

1995 : La maternité se transforme en site d’engraissement. Cette réorganisation permet d’engraisser la moitié des porcelets produits par les 100 truies. L’autre moitié est vendue à des particuliers.

1996 : Norbert et Angèle entreprennent la construction d’une porcherie sur litière.

2000 : Rénovation du bâtiment d’engraissement construit en 1984, et modernisation des autres installations.

2003 : Mathieu fait son entrée comme associé dans l’entreprise. Les décisions sont maintenant prises à trois : Norbert, Angèle et Mathieu. Toujours en 2003, les propriétaires font l’ajout d’une haie brise-vent et d’une entrée danoise pour limiter la propagation des maladies.

2009 : Les producteurs délaissent l’élevage sur litière pour devenir conventionnels, dans le respect du PAEF et des normes environnementales. 

(Source : La Coop Seigneurie)

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