Optimisme prudent pour la filière porcine en 2017

par Étienne Gosselin

Crédit photo : Le Porc Show

En 2017, la filière porcine devrait renouer avec une certaine rentabilité, s’il faut en croire la boule de cristal de l’économiste en chef de Financement agricole Canada, Jean-Philippe Gervais. Celui-ci s’est prêté au jeu des prévisions lors de la 3e édition du Porc Show, tenu à Québec devant 1000 congressistes.

Pour cet économiste agricole, le principal facteur qui devrait influencer la profitabilité des producteurs de porc est la vigueur de l’exportation. En 2016, les exportations ont crû de 7,9 %. Si le marché états-unien absorbe encore 40 % du volume québécois exporté et le Japon 27 %, c’est la Chine, troisième marché en importance, qui retient l’attention. En effet, les exportations dans ce pays de 1,4 milliard d’habitants ont augmenté de 326 % dans la dernière année, malgré le ralentissement économique enregistré en Chine. Les relations tendues entre les États-Unis et la Chine – le président élu Donald Trump évoque un retrait de l’accord du Partenariat transpacifique dès son premier jour de présidence – devraient toutefois teinter les échanges commerciaux.


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Mais ce n’est pas tout. Selon Jean-Philippe Gervais, advenant que les États-Unis continuent d’augmenter leur capacité d’abattage, que le dollar canadien ne flirte pas à plus de 0,75 $ US et que l’inflation relative aux prix des aliments ralentit sa croissance, les producteurs d’ici devraient tirer leur épingle du jeu – surtout les producteurs naisseurs-finisseurs. Il serait surprenant que l’accord de libre-échange Canada-Europe entre en vigueur tôt en 2017, mais il pourrait aussi contribuer à l’embellie économique du secteur porcin.

L’économiste prévoit aussi une stabilisation du ratio de profitabilité. Le ratio porc-maïs, exprimé en nombre de boisseaux de maïs équivalant à 100 livres de porc (poids vif), devrait remonter aux alentours de 15, après avoir pointé à 30 en juillet 2014, mais avoir stagné à une valeur de 12, de 2011 à 2013.

Rappelons qu’un faible ratio suggère un prix élevé des aliments relativement au prix touché pour le bétail, alors qu’un ratio élevé indique des aliments à meilleur marché et un meilleur prix du porc. Bref, des coûts d’alimentation sous la moyenne des cinq dernières années participeraient à un plus faible coût de production et donc à un retour à la profitabilité.

Le docteur en économie souligne enfin que les producteurs porcins devraient profiter des bas taux d’intérêt actuels pour investir et moderniser leurs élevages, car une remontée des taux est à prévoir.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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