Produire autrement

par Bruno Langlois

Si vous suivez le marché du bœuf, vous avez sûrement constaté un recul important des prix de septembre 2015 à mars 2016. « Pourtant, ils nous avaient dit qu’on aurait de bons prix pendant encore deux ans! » « Je ne m’attendais pas à ça. » « Est-ce que ça va se replacer? »

Que s’est-il passé? À court terme, la situation actuelle s’explique principalement par l’abondance de viande (bœuf, porc, volaille), qui a provoqué une stagnation de la demande de viande bovine – stagnation qui s’est conjuguée plus récemment avec le redressement du taux de change.

Pour une « prévision » à plus long terme, il faut jeter un coup d’œil à l’évolution de la population bovine nord-américaine. Au 1er janvier 2016, le cheptel de vaches canadiennes et mexicaines était relativement stable par rapport à l’année précédente; il y a cependant des signaux évidents de début de reconstruction des troupeaux reproducteurs. Toutefois, c’est quand on regarde du côté américain qu’il faut être réaliste : la population de vaches de boucherie s’est accrue de plus de 1,2 million de têtes depuis le 1er janvier 2014, soit l’équivalent de près du tiers des vaches canadiennes! À cela s’ajoutera une augmentation de plus de 3 % (200 000) des taures prévues pour vêler en 2016. Tout nous indique donc que nous entamons la phase descendante du fameux cycle du prix du bœuf, une phase qui dure habituellement de cinq à six ans.

Catastrophe ou occasion favorable?

Est-ce à dire que cette situation sera catastrophique? Face à une réalité, on peut voir le verre à demi plein ou à demi vide. Ainsi, bien que la productivité des vaches et le poids des carcasses se soient améliorés depuis le début des années 1960, le cheptel total des vaches de boucherie en Amérique du Nord est à un niveau comparable à celui de cette époque et il ne laisse pas présager une forte chute des prix au cours des cinq prochaines années.

De plus, la baisse du prix de vente des veaux signifie aussi une diminution du prix des vaches, des taures de remplacement et des taureaux. Les coûts d’acquisition des animaux, le financement et les liquidités nécessaires sont donc plus faibles, ce qui amoindrit beaucoup l’impact du phénomène. Quant aux projets de démarrage et aux expansions, ils nécessitent maintenant beaucoup moins de capitaux de départ. Pour ceux qui songeaient à se lancer en production bovine, c’est le temps de le faire!

Cependant, pour un producteur vaches-veaux, la plus belle occasion consiste à se recentrer sur une question principale : comment obtenir le meilleur revenu net possible? Voici des exemples de sujets de réflexion : est-ce que mes périodes de vêlages correspondent vraiment à mes disponibilités? Quels seraient les impacts d’un plus grand regroupement des vêlages? Comment puis-je maximiser la production obtenue avec les aliments servis? Dois-je produire tous mes fourrages ou dois-je me concentrer sur les pâturages? Comment optimiser mes rendements au champ sur une base économique? Est-ce que je pourrais garder quelques vaches de plus avec les mêmes infrastructures? Existe-t-il d’autres marchés plus lucratifs pour une partie de ma production?

J’aurais pu aussi résumer le tout par une simple phrase : « Comment, chez moi, puis-je produire autrement pour augmenter ma rentabilité? » Grâce à leur formation et à leur coffre à outils bien rempli, vos experts-conseils en production bovine La Coop pourront vous aider à répondre à cette très large question. Il ne vous restera alors qu’à résoudre la partie la plus difficile de l’équation : défier vos paradigmes et agir.

Bonne réflexion!

Portrait de Bruno Langlois

QUI EST BRUNO LANGLOIS
Agronome et passionné de production bovine, Bruno détient une solide expérience de plus de trente-cinq ans en productions animales. Il est conseiller spécialisé en production bovine à La Coop fédérée.

bruno.langlois@lacoop.coop

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