Éthanol de 2e génération : une réalité payante pour les producteurs

par Patrick Girouard

Avec le déploiement commercial de l’éthanol de 2e génération, de nouveaux modèles d’affaires et pratiques culturales pointent à l’horizon pour le réseau La Coop et les producteurs agricoles d’ici.

Un exemple concret chez nos voisins du Sud : avec l’arrivée de deux usines commerciales d’éthanol cellulosique, le paysage agricole en Iowa est actuellement non seulement en pleine mutation, mais ce secteur découvre aussi de nouvelles façons de faire permettant d’améliorer sa compétitivité. L’usine de POET-DSM et celle de DuPont utiliseront à elles seules, à pleine capacité, près de 600 000 tonnes de tiges de maïs annuellement pour la production de 190 millions de litres d’éthanol et autres bioproduits. Seulement cet automne, plus de 32 000 ha de tiges de maïs auront été récoltées, et ce, à l‘aide principalement d’équipement spécialisé développé par AGCO.

Les 500 producteurs faisant affaire avec l’usine de DuPont peuvent maintenant compter sur un outil additionnel pour la gestion de leurs résidus de maïs (de plus en plus importants avec l’augmentation des rendements en grain) et seront en mesure de réaliser des marges nettes supplémentaires de l’ordre de 124 $/ha grâce à la vente de leurs tiges.

Des sondages effectués auprès des producteurs y participant tendent à démontrer l’intérêt et la satisfaction de ceux-ci par rapport à cette nouvelle opportunité. Le réseau La Coop a grandement apprécié la générosité et l’ouverture des leaders de cette nouvelle économie aux États-Unis lors d’une mission en Iowa en octobre. Tel que le mentionne l’agronome Vincent Couture, directeur des productions végétales, produits pétroliers, environnement et développement durable à La Coop Comax, qui a participé à cette mission, « ce que nous avons pu voir là-bas dépasse toutes mes attentes, de voir l’innovation et la technologie qui est mise au service de l’agriculture me rend encore plus fier d'être partenaire avec AGCO et DuPont. Nous sommes au début de quelque chose qui ne peut qu’être que profitable pour nos membres et les générations futures ».

Et selon Charles Lalonde, responsable des projets biomasse pour la Fédération de l’agriculture de l’Ontario, « à l’aide de l’agriculture de précision et de cahiers des charges, il est inévitable que ce segment de marché se développera et bouleversera le portrait agricole des grandes régions productrices de maïs au Canada d’ici quelques années, c’est évident ».

Selon nos sources, plusieurs entreprises de biotechnologie s’intéressent à la valorisation des tiges de maïs et autres biomasses dans l’est du Canada. Espérons que la nouvelle politique énergétique du Québec 2016-2025 confirmera l’appui à cette nouvelle industrie chez nous au cours des prochains mois. Quoi qu’il en soit, La Coop est aux premières loges.

Portrait de Patrick Girouard

QUI EST PATRICK GIROUARD

Patrick est directeur, Énergies renouvelables et Bioproduits à La Coop fédérée

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