Ceinture verte autour de Montréal

par Patrick Dupuis

Crédit photo : Michel Leboeuf

Tout comme Ottawa, Toronto, Londres et Lyon, qui possèdent déjà leur ceinture verte, Montréal, à son tour, veut enfiler la sienne.

Elle compte le faire sous l’impulsion du Mouvement Ceinture verte, lancé en 2012, et décrit dans une étude conjointe de la Fondation David Suzuki et de Nature Action Québec.

Une ceinture verte, le mot le dit, ceinture une agglomération urbaine d’espaces protégés voués à l’agriculture, à la foresterie, aux activités récréotouristiques et à la préservation de la biodiversité.

La Ceinture verte proposée couvrirait une superficie de 1,7 million d’hectares situés dans région naturelle de La Plaine du haut Saint-Laurent, un riche territoire où l'on recense 45 % de terres agricoles et 23 % de milieux forestiers (voir l’encadré).

Elle permettrait entre autres de limiter l’étalement urbain, afin de favoriser une production agricole régionale, et de rapprocher la population des milieux naturels, qui y sont abondants.

« Elle vise également à établir des corridors de déplacements de la faune, de façon à favoriser les échanges entre les populations », ajoute Sylvain Perron, chargé de projet à la Fondation David Suzuki et coordonnateur du Mouvement Ceinture Verte.

Le projet ne se veut aucunement contraignant et n’a pas pour but de brimer ou de déposséder de leur bien les propriétaires actuels. Au contraire, on protégera les acquis. On vise d'abord la concertation entre tous - producteurs, citoyens et municipalités.

« Les producteurs agricoles sont des acteurs majeurs dans la Ceinture verte, indique Sylvain Perron. Il importe de protéger leur milieu et de les soutenir pour qu’ils puissent mettre de l’avant, dans leurs entreprises, des actions en lien avec le projet. »

L’Union des producteurs agricoles et le Jour de la Terre Québec ont annoncé, en avril dernier, leur collaboration pour permettre la plantation de 100 000 arbres et arbustes sur les terres d’entreprises agricoles situées dans la Ceinture verte. Ces plantations, effectuées au cours des deux prochaines années, serviront à créer bandes riveraines, haies-brise-vent ou boisés. Cet effort découle du programme « 375 000 arbres », lancé en 2013 par la Fondation Cowboys Fringants, le Jour de la Terre Québec et la Fondation David Suzuki.

État des lieux

Du côté de Nature Action Québec, on fait savoir que : « La Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement du Québec ont reconnu l’importance de créer cette Ceinture verte. Le projet s’inscrit dans le Plan d’aménagement et de développement de la métropole montréalaise. »

Les divers promoteurs de la Ceinture verte ont pour objectif qu’elle soit reconnue par les instances gouvernementales d’ici 2020.

« On souhaite qu’une loi-cadre vienne la délimiter, la financer et lui donner forme, comme ç’a été le cas en Ontario sous le gouvernement de Dalton McGuinty en 2005 », rappelle Sylvain Perron.


La ceinture verte en chiffres

Superficie : 1,7 million ha (à peine 1 % du territoire du Québec).

Population : Plus de 3,7 millions (regroupée en 35 MRC), soit plus de la moitié de la population québécoise 

Occupation du territoire : Terres agricoles, 44 %; Milieux forestiers, 23 %; Milieux urbains, 11 %; Plans d’eau et cours d’eau, 7 %; Milieux humides, 5 %; Bandes riveraines, 2 %, autres, 8 %


Sources : Fondation David Suzuki, Nature Action Québec

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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