L’acceptabilité sociale des producteurs

par Ghislain Gervais - président

Si les producteurs agricoles de chez nous ont la cote auprès des consommateurs – c’est du moins ce qu’expriment les sondages –, ce n’est pas le cas partout sur la planète. Prenons les Pays-Bas, où le Coopérateur est récemment allé faire des reportages et assister à un congrès sur l’agriculture de l’avenir. Consommateurs et producteurs n’y font pas bon ménage, selon les sources rencontrées. Ces derniers arriveraient même tout au bas des sondages d’appréciation.

Les producteurs néerlandais, c’est bien connu, sont hautement productifs et novateurs. Mais leurs activités sont malheureusement mal vues par la population.

Dans ce pays de 17 millions d’habitants, 40 fois plus petit que le Québec, la communication ne passe pas entre les producteurs et les consommateurs. On y compte 55 000 fermes, mais chaque semaine, plusieurs d’entre elles cessent leurs activités.

Quoi qu’on en pense, l’abolition des quotas en Europe, en 2015, n’a pas aidé la situation des producteurs, notamment dans le secteur laitier. La production a monté en flèche pendant un temps. Mais après cette flambée, les prix ont dégringolé. Résultat : de nombreuses faillites d’entreprises et… de nombreux suicides.

En France (où j’ai récemment séjourné avec une délégation de producteurs et gestionnaires de notre réseau), c’est le même constat qu’aux Pays-Bas : les producteurs agricoles n’ont pas la cote auprès des consommateurs.

Les exigences qu’on leur impose sont nombreuses, lourdes, incessantes. C’est à se demander si l’on souhaite réellement qu’ils puissent continuer de produire.

Au Québec, bien que nous jouissions de l’appréciation du public, il nous faut garder sa confiance. Le fossé entre les villes et les campagnes s’élargit. Nous devons poursuivre nos initiatives pour nous faire connaître, telles que Arrive en campagne, On récolte ce qu’on aime ou encore les journées Portes ouvertes sur les fermes du Québec. Il faut faire comprendre pourquoi et comment nous faisons les choses. Engager la conversation. Raconter notre histoire. Écouter les consommateurs.

 

Agriculture du futur et réseau d’avenir

L’agriculture de demain est sur toutes les lèvres. On en parle aujourd’hui comme jamais auparavant. C’est l’occasion pour notre réseau de se faire connaître comme étant novateur et respectueux de notre environnement.

L’agriculture est en effet sous l’impulsion d’une vague de modernisation sans précédent. Celle-ci est nécessaire, car il faut dès maintenant miser sur ce qui nous permettra de produire davantage demain.

On sait que, pour nourrir une population qui atteindra 9 ou 10 milliards de personnes en 2050, il faudra produire beaucoup plus de nourriture que nous ne le faisons aujourd’hui. Et qui plus est, dans un contexte de changements climatiques. C’est une situation urgente, comme le précisait récemment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Notre agriculture doit être à la fois productiviste et raisonnée, locale et internationale.

Si l’agriculture emprunte la voie de l’avenir, notre réseau le fait aussi. Le réseau La Coop est en pleine transformation. En pleine croissance, également. Nos résultats financiers nous le permettent. C’est le temps de nous positionner. De tirer parti de nos avantages concurrentiels. Nous sommes des partenaires de choix pour les producteurs agricoles, et ils savent qu’ils peuvent compter sur nous. Nous sommes en outre des alliés des consommateurs.

Le succès des producteurs agricoles passe par une meilleure efficacité et de meilleures performances, ainsi que par la réponse aux attentes des consommateurs d’ici et d’ailleurs. Grâce à son agilité et à sa créativité, notre réseau offre aux producteurs la possibilité d’atteindre ces objectifs. Et ce, en accord avec les valeurs de solidarité, de responsabilité, d’honnêteté et d’équité, pour assurer le bien-être des familles agricoles et la prospérité des régions.

Je vous souhaite une belle et heureuse année 2019!

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