Le positionnement du Porc Coop

par Jean-Yves Lavoie

C’est avec plaisir que je vous écris à titre de directeur commercial du Service monogastrique de La Coop fédérée, un poste que j’occupe maintenant depuis un peu plus d’un an.

Bien que mon arrivée au Secteur des productions animales soit relativement récente, je roule ma bosse dans le réseau La Coop depuis plus de 30 ans, ayant dirigé des secteurs d’activité de La Coop fédérée ainsi que des coopératives agricoles un peu partout au Québec. Cette expérience me permet d’avoir une bonne connaissance de notre réseau, de ses gens et des enjeux que vivent nos producteurs membres. Le fait d’avoir eu l’occasion d’être des « deux côtés de la barrière » (dans les coopératives et à La Coop fédérée) me profite d’ailleurs beaucoup dans mon travail.

Pour ce premier billet, j’ai choisi de vous parler des changements apportés au programme du porc Coop, car c’est un des meilleurs exemples de valeur ajoutée mettant en relief notre différence coopérative.

La Filière porcine coopérative a créé le porc Coop il y a maintenant cinq ans. C’était alors une période très difficile pour les éleveurs, qui étaient nombreux à produire à perte. Il aurait été alors impensable d’investir 50 millions $ dans la construction de maternités porcines collectives pour les approvisionner. Pour des raisons d’argent, mais aussi de relations, lesquelles n’étaient alors pas mûres pour une collaboration de la sorte.

La mission que s’était donnée la Filière était de générer assez de richesse pour tous ses acteurs, surtout là où c’était le plus urgent : dans les poches des producteurs. Le moyen pour y arriver consistait à produire une viande de porc d’une grande qualité et à travailler avec les membres pour tenir compte des contraintes et les compenser.

Il faut accorder le mérite de cette démarche à Olymel et au conseil d’administration de La Coop fédérée, qui l’ont instaurée, de même qu’à tous les acteurs de la Filière, qui ont collaboré depuis cinq ans à la mise sur pied d’une formule rentable pour tous.

Aujourd’hui, on ne fait pas du porc « pour » Olymel, mais « avec » Olymel. Nos différents partenaires de la Filière porcine – génétique, alimentation, conseils en gestion, logistique – ont créé un équilibre où chacun travaille un peu pour les autres, tout en partageant les risques, les coûts et, bien sûr, les profits. Grâce à la Filière, les producteurs ont reçu en moyenne 10 $ de plus par porc depuis cinq ans!

Au cours des deux dernières années, bien des efforts et des discussions ont été consacrés à l’avenir du porc Coop, afin que la formule reste pertinente et, surtout, pérenne pour ses acteurs. Nous avons revu la bonification, pour aider davantage les producteurs dans les périodes difficiles sans compromettre la solidité financière de l’ensemble de la Filière. Une grille élargie de 25 kg a été créée, 22 000 places sont réservées chaque semaine aux éleveurs de porcs Coop, et la compétitivité de l’alimentation a été améliorée.

Bref, ces changements, en vigueur au 4 avril, répondent bien à la commande, qui est d’entretenir une solide relation d’affaires avec nos membres tout en partageant les risques et les bénéfices.

Un constat s’impose : faire partie de la Filière porcine coopérative, c’est faire partie d’une bonne équipe, sinon de « la » bonne équipe. Par le passé, on a prouvé qu’il était profitable de travailler ensemble à la production d’une viande différenciée, de qualité et qui rapporte à tous.

Grâce à la récente nomination au conseil d’administration de La Coop fédérée de Réjean Vermette, aussi président de la Filière, les intervenants sont mieux placés que jamais pour assurer la création de valeur.

Avec ces acquis et les projets mis en branle, j’ai hâte de voir où la Filière porcine coopérative sera rendue dans cinq ans, pour ce qui est de contribuer à faire des producteurs de porcs québécois autonomes des acteurs plus incontournables que jamais!

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