Les géants agroalimentaires américains défendent le libre-échange

par Nicolas Mesly

Photo : Joe Stone, vice-président et chef de l'évaluation des risques, Cargill
Crédit photo : USDA

« Le commerce nourrit la planète! » a indiqué Joe Stone, vice-président et chef de l’évaluation des risques de la plus grosse compagnie agroalimentaire de la planète, Cargill, lors de son allocution à la 94e Conférence sur les perspectives agricoles du Département américain de l’agriculture (USDA), tenue les 23 et 24 février, et dont le thème était « Les racines de la prospérité ».

L’homme d’affaires a louangé l’accord de l’ALÉNA qui « s’il a besoin d’être modernisé » a permis, depuis son instauration il y a 24 ans, de quadrupler le commerce agricole entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, soit de 9 G$ US à 38 G$ US. Une façon polie de contredire le président américain Donald Trump pour qui l’ALÉNA est le pire accord à avoir été signé par les États-Unis.

Du même souffle, le haut dirigeant de Cargill a mentionné que le retrait des États-Unis de l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), qui regroupe 11 pays, dont le Canada, représente un manque à gagner annuel de 62 G$ US, dont 4,4 G$ US de revenus directs pour les producteurs américains. Une flèche décochée au président Donald Trump, dont un des premiers gestes a été de retirer les États-Unis de cet accord en janvier 2017.


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Jim Collins, chef de la direction agricole du géant agrochimique américain DowDuPont, a aussi indiqué que les accords commerciaux comme l’ALÉNA étaient vitaux tant pour la croissance de l’entreprise que pour la protection intellectuelle de sa vaste gamme de produits phytosanitaires et de semences GM. Il a rappelé que 19 % de la production alimentaire des États-Unis était exportée.  

Tout comme ses homologues de Cargill et DowDuPont, le président de Pilgrims Farm, Bill Lovette, adhère au principe « stand up for trade », qui veut dire « défendre le commerce ». Quelque 20 % de la production de Pilgrims Farm est déjà exportée au Mexique. Mais l’ambition est de devenir le plus gros producteur de poulets au monde et approvisionner en viande blanche une classe moyenne mondiale évaluée à quelque 3 milliards de consommateurs d’ici 2050.


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La directrice du département de l'agriculture de l'Idaho, Celia Gould, a aussi mis son grain de sel en indiquant que, sous l’ALÉNA, les exportations agricoles du petit État rural avaient bondi de 289 % avec le Canada et de 994 % avec le Mexique. Et que ces deux partenaires comptaient pour la moitié des exportations agroalimentaires. « La fin de l’ALÉNA se traduirait par une augmentation de 45 % des tarifs sur le fromage et de 20 % sur les frites », a-t-elle rajouté.

Tous les conférenciers ont lancé le message à savoir que « Les racines de la prospérité » passaient par des accords de libre-échange. Mais comme le dit le proverbe, « il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ».

Portrait de Nicolas Mesly

QUI EST NICOLAS MESLY
Agronome de formation, il a débuté sa carrière en journalisme agricole avant de devenir attaché de presse et assistant spécial du ministre de l’Agriculture du Canada. Nicolas est retourné au journalisme après avoir été secrétaire commercial à l'ambassade canadienne au Venezuela. Globe-trotter, sa spécialité est de cerner les grands enjeux agroalimentaires et écologiques. 

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