Une politique bioalimentaire pour le printemps 2018

par Guylaine Gagnon

Photo : Clément Allard et Éric Labonté, MAPAQ 

Le Sommet sur l’alimentation, le point culminant des consultations du gouvernement du Québec pour élaborer une politique bioalimentaire québécoise, se tenait à Québec le 17 novembre dernier. La Coop fédérée, représentée par le président Ghislain Gervais, faisait partie des organisations invitées à s’exprimer en table ronde durant la journée.

À la même table se trouvaient le premier ministre du Québec, Philippe Couillard; le ministre de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard; le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture et d’alimentation, André Villeneuve; ainsi qu’une quarantaine d’organisations concernées par le secteur bioalimentaire, dont Agropur, l’Union des producteurs agricoles et les Producteurs de lait du Québec.

Le plan présenté par le gouvernement s’articule autour de deux ambitions, soit maintenir la confiance des consommateurs et développer un secteur bioalimentaire prospère et durable. « La politique devra avoir un effet stabilisateur, prévisible pour l’investissement et qui nous accompagne tout au long de notre ambition », précise le ministre Lessard.


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Pour atteindre ces ambitions, quelques cibles mesurables ont été définies, dont : 

  • Investir plus de 15 G$ en production agricole, pêche et transformation d’ici 2025, soit 3 G$ de plus par rapport à la période 2006-2015
  • Augmenter de 6 G$ les exportations bioalimentaires du Québec pour les porter à 14 G$ en 2025
  • Hausser de 10 G$ le contenu québécois disponible dans les commerces du Québec

L’augmentation de la production d’aliments biologiques, le développement d’aliments santé, la mise en place de pratiques écoresponsables et les achats de proximité sont aussi des cibles à atteindre.

Les intervenants présents à ce sommet ont manifesté leur satisfaction envers le plan du ministre Lessard.

Quant au président de La Coop fédérée, il estime que les cibles sont ambitieuses et « challengeantes », notamment en ce qui concerne l’augmentation des investissements à plus de 15 G$, la hausse de l’autosuffisance alimentaire (la part des produits québécois) et les exportations qui doubleront au cours des huit prochaines années. « Toutefois, La Coop fédérée sera présente pour contribuer à l’atteinte de ces cibles », a-t-il affirmé.

Conditions de réussite et priorités d’actions

Pour réussir cette politique et assurer sa pérennité, le dialogue permanent entre les consommateurs et le secteur bioalimentaire est au premier rang des conditions favorables, mais il faut aussi compter sur des approches concertées, du travail en filière, une culture d’innovation, un climat d’affaires favorisant les investissements.

Selon le gouvernement, les actions à mettre en œuvre en priorité sont :

  • Offrir des produits qui répondent aux attentes des consommateurs
  • Favoriser l’implantation de pratiques durables et responsables dans les entreprises
  • Appuyer le développement des entreprises pour qu’elles soient prospères sur les marchés

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Ghislain Gervais estime que « le consommateur et les marchés sont maintenant pluriels, ce qui fait que pour répondre pleinement aux besoins variés des consommateurs d’ici et d’ailleurs, l’approche par chaîne de valeur nous apparaît incontournable ».

Selon lui, pour favoriser le développement de ces chaînes, une mise à jour des grands piliers de la politique actuelle est nécessaire. Ces grands piliers étant les offices de commercialisation, la Régie des marchés agricoles et alimentaires, la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, et les outils de gestions des risques et de sécurité du revenu.

La gestion de l’offre

Mentionnons que dans son allocution d’ouverture, le premier ministre Philippe Couillard a rappelé que le gouvernement continuera de défendre la gestion de l’offre. « Cette défense n’est pas basée sur la défense traditionnelle d’un secteur ou d’une politique gouvernementale, mais sur un choix de mode de vie, d’un type d’agriculture qu’on veut voir chez nous [...] Ce qu’on souhaite, c’est une agriculture à taille humaine, familiale, qui peut se transférer ou se transmettre d’une génération à l’autre. »

 
Portrait de Guylaine Gagnon

QUI EST GUYLAINE GAGNON
Guylaine a grandi sur une ferme dans la région de Lanaudière. Intéressée par l’écriture, elle ne croyait pas qu’un jour elle combinerait son métier à celui de ses parents. Embauchée en 1991 comme secrétaire-correctrice, Guylaine a depuis gravi les échelons jusqu’à la fonction de rédactrice en chef du Coopérateur.

guylaine.gagnon@lacoop.coop

 

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