Pommes de terre: Dickeya, non merci!

par Stéphane Perreault

Crédit photo : Stéphane Perreault

Dame Nature nous attend toujours avec un nouveau défi. Cette fois, c’est une nouvelle bactérie qui veut s’inviter dans nos champs de pommes de terre.

Cette bactérie se nomme Dickeya dianthicola. La maladie qu’elle engendre est la jambe noire. Mais une jambe noire différente de celle qu’on connaît.

C’est en 2015 qu’elle a attiré l’attention. Une épidémie inhabituelle de jambe noire a été observée dans le Maine. Les chercheurs ont constaté que la bactérie responsable était non pas Pectobacterium atrosepticum, qui cause habituellement la maladie, mais Dickeya.


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Les premiers signes sont un flétrissement de certains plants. De plus près, on observe de la pourriture et un noircissement à la base de la tige, d’où l’appellation jambe noire. La partie affectée peut se limiter à quelques centimètres ou être plus longue, ce qui entraîne le dépérissement et la mort du plant.

Sur les tubercules, on observe la formation d'une pourriture molle à l’attache du stolon, sur des blessures ou parfois aux lenticelles. Cette décomposition de couleur crème se poursuivra vers l’intérieur de la pomme de terre au champ ou en entrepôt.

Les épidémies de Dickeya ont engendré des pertes de rendement de 20 à 25 %. C’est sans compter l’impact sur les lots de pommes de terre destinées à la semence, qui peuvent être rejetés à cause de la présence de cette bactérie.

Maîtriser ce pathogène demande une approche intégrée. Les fongicides n’ayant aucun effet, il faut éliminer les sources de contamination et de propagation.

Dickeya ne peut survivre plus de trois mois dans nos sols. Elle peut toutefois s’abriter dans des résidus de maïs ou de crucifères et survivre plus d’un an. Les rotations sont un moyen efficace de lutte.

L’utilisation de semences certifiées demeure la meilleure façon de prévenir une infection. Il faut également apporter une attention particulière au lavage et à la désinfection des équipements.


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Un sol à plus de 25 oC favorise le développement de Dickeya. L’inverse est aussi vrai, ce qui aidera les producteurs de semences québécois, majoritairement situés en zones plus froides.

Outre la température, les facteurs favorisant la maladie au champ sont : des plantons non subérisés, un mauvais drainage, un faible niveau d’oxygène dans le sol, la compaction et des pluies excessives.

Lire la version complète de cet article dans le Coopérateur de janvier-février 2017

Portrait de Stéphane Perreault

QUI EST STÉPHANE PERREAULT
Diplômé en agronomie, Stéphane est directeur, protection des cultures à La Coop fédérée

stephane.perreault@lacoop.coop
 

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