Mise en marché du porc en 2020

par Étienne Gosselin

Crédit photo : Le Porc Show

Le spécialiste des stratégies d’entreprise et de marketing des ventes de la firme KPMG, Jean-Yves Ménard, voit se dessiner un avenir tout numérique pour le porc du Québec. L’innovation en matière de marketing passera assurément par nos bidules électroniques, dont les capacités restent encore insoupçonnées. L’homme a présenté son point de vue lors de la 3e édition du Porc Show, tenu à Québec le 6 décembre.

Il n’est pas loin le jour où les consommateurs pourront savoir, barquette dans une main, téléphone multifonction dans l’autre, si le porc a été élevé sans antibiotiques ou en respectant le bien-être animal, certification à l’appui, sans parler de la provenance de l’animal et de sa traçabilité complète. Devant l’étal, son téléphone lui renverra aussi des informations nutritionnelles sur le produit en question et des idées recette jumelées à d’autres spéciaux en magasin, pour l’aider à concocter des repas simples, économiques et rapides.

Car les consommateurs seront toujours aussi pressés, selon Jean-Yves Ménard. Et ils seront de plus en plus influencés par la génération montante des milléniaux ou génération Y, qui composaient 5 % de la population des États-Unis en 2010, mais qui compteront pour 20 % de la population en 2020. Ces derniers influencent d’ailleurs plus les habitudes de consommation que les générations précédentes (X ou boomers).


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Les préférences des consommateurs sont et seront de plus en plus difficiles à saisir, car elles sont fragmentées, voire paradoxales, soutient l’analyste Ménard. Les grands transformateurs auront donc tout intérêt à diversifier leurs produits pour saisir le plus possible le pouvoir d’achat des consommateurs.

Par exemple, un géant américain de l’industrie du poulet a décidé d’investir dans la start-up Beyond Meat, fabricant de galettes pour burgers… végé! Le porc peut aussi se tailler une belle place dans les collations riches en protéines et faibles en matière grasse, notamment le porc déshydraté (charqui ou jerky), que des entreprises innovantes ajoutent même à des barres tendres!

Finalement, les entreprises qui mettent en marché le porc seront appelées à faire une place à l’innovation ouverte, ce processus par lequel n’importe qui (consommateurs, fournisseurs, producteurs agricoles, etc.) peut contribuer à l’innovation, plus que jamais un moteur de croissance des entreprises – porcines ou autres.

Les pratiques d’innovation des entreprises en démarrage

  • Voir grand et agir en conséquence
  • Penser au client avant tout
  • Échouer rapidement et à peu de frais, s’il faut échouer
  • Collaborer avec des partenaires internes et externes
  • Former de petites équipes
  • Faire plus avec moins
  • Placer les technologies au cœur des activités
Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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