Mario Hamelin, adepte du pâturage

par Étienne Gosselin

Photo : Un VTT et une cage mobile de fabrication artisanale offrent tous les avantages d’un bâtiment pour la manipulation sécuritaire des veaux – sans les coûts associés.
 

Depuis des millénaires, les vaches pâturent et les humains les regardent. C’est ainsi que Mario Hamelin garde ses vaches et produit des veaux de manière simple, efficace et économique.
 

Les bovins sont des ruminants doués pour récolter des herbages. Pourquoi faire le travail à leur place, en plus d’éliminer leurs excréments? Sur 50 ha, Mario Hamelin fait pâturer 75 vaches et bientôt 25 taures de l’année. Cent femelles, leurs veaux et cinq taureaux, rien de trop beau! La simplicité guide les choix de ce Mauricien.
 

Priorité pacages

Quand Mario Hamelin entend dire que les pâturages sont des terres plus ou moins incultes, humides ou situées dans des coulées, il blêmit. Lui chaule, draine et applique du potassium à l’automne pour favoriser la survie du trèfle et de la luzerne. Pâturages cinq étoiles! Six mois par année, de mai à octobre, il n’offre rien de plus que de la bonne herbe de qualité à ses Angus, Simmental et Hereford.

Tous les deux à six jours, ce producteur de biomasse luxuriante avance les fils du pâturage, géré de manière intensive. Les plantes sont broutées jusqu’à 15 cm du sol, jamais moins pour ne pas affecter le regain. Dans une région marquée – comme bien d’autres – par la sécheresse, la repousse de luzerne dans les parcelles pâturées précédemment étonne. Le producteur utilise des mélanges à prépondérance de légumineuses, qui s’ancrent profondément dans le sol, dont la luzerne à collet bas, capable d’être pâturée et de repousser rapidement. En dépit du manque d’eau, Mario sortira la faucheuse pour confectionner quelques dizaines de balles rondes, tellement le volume est présent! D’ordinaire, il va chercher 200 balles rondes dans ses pâturages. Le rendement est en forte baisse, du tiers ou de la moitié, selon les champs.

Comme les pâturages reçoivent leur dose naturelle de fumier et que la machinerie ne s’y promène pas dans tous les sens, la compaction des sols n’est pas un problème, soutient Éliane Martel, agronome du Groupe Lavi-Eau-Champ. Les plantes colonisent profondément le sol, sans être ennuyées par la nappe phréatique. Quand le rendement foisonne, en juin, Mario produit dans ses pâturages un foin d’un jour à dominante de jeunes graminées, parfait pour les veaux sevrés en semi-finition. Autrement, le producteur comble les besoins hivernaux du troupeau avec 1400 balles de 48 à 56 po par année.

Ainsi, au fil des améliorations locatives apportées aux pâturages, Mario a pu faire pâturer deux fois plus d’animaux sur les mêmes superficies consacrées à cette activité. Pareillement, ses prairies génèrent deux fois plus de volume qu’auparavant, toujours en raison des bons soins qu’il apporte à ses terres en fourrages.
 

Vêlages au pâturage

Pour obtenir des vêlages en mai et juin et assurer des naissances au grand air dans un environnement à faible microbisme, le producteur met ses vaches au taureau en août et septembre. Il introduit un premier mâle dans le groupe, puis en ajoute un deuxième après une semaine, pour stimuler les vaches par la nouveauté et ne pas épuiser le premier. Après une autre semaine, il remplace le premier taureau par un troisième, et ainsi de suite avec ses cinq taureaux. Au 1er octobre, fini les séances de rencontres express! Début décembre, l’éleveur fait confirmer les gestations. Les 10 % de vaches non gestantes sont obligatoirement réformés. Pas de chance supplémentaire? « Elles ont cyclé trois fois lors de la période d’accouplement », justifie Mario. Les pensionnaires à la Tanguy sont donc expulsées manu militari!

Mario administre impérativement du colostrum en poudre aux veaux chétifs, jumeaux, nés de taures ou bien d’une mère au pis mal conformé. Puis, vers la mi-octobre, l’éleveur consciencieux procède au sevrage, qui sera suivi d’une semi-finition au foin et aux grains (seulement dans les dernières semaines, pour habituer les veaux à en manger) jusqu’à un poids moyen de 750 lb, ce qui permet d’expédier aux parcs d’engraissement des veaux d’embouche prêts pour un démarrage canon!
 

Lire l’article complet dans l’édition d’octobre du Coopérateur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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