Le rôle des protecteurs d'azote

par Pascal Larose

Photo : L’azote est l’élément nutritif le plus utilisé dans la fertilisation du maïs. Du semis au remplissage des grains, le plant de maïs consomme l’azote sous différentes formes afin de subvenir à ses besoins de croissance. 

La période d’application d’azote dans le maïs est souvent décalée dans le temps par rapport aux besoins de la plante. Comment conserver le maximum d’azote disponible, tout en se protégeant des risques de perte par volatilisation, lessivage et dénitrification?

Volatilisation

La volatilisation de l’azote survient lorsqu’on applique de l’urée à la surface du sol sans l’incorporer. L’uréase (une enzyme) transforme l’urée en ammonium (NH4+). Cette réaction libère un gaz et entraîne une perte d’azote dans l’atmosphère.

Cependant, s’il pleut dans les quatre jours suivant l’application de l’urée, cette dernière sera incorporée au sol, ce qui limitera les pertes potentielles.


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Lessivage et dénitrification

Une fois dans le sol, l’urée est-elle en sécurité? Non. Elle est aussi transformée en NH4+. Mais comme cette réaction a lieu dans le sol, aucune perte par volatilisation ne survient. L’azote est maintenant sous la forme ammonium, la plus stable dans le sol. Le sol chargé négativement attire les ions NH4+ comme un aimant et les garde en sécurité.

Or des bactéries (Nitrosomas) s’activent en présence d’azote sous la forme NH4+ et le transforment en nitrates (NO3), plus à risque sur le plan environnemental. Les nitrates, chargés négativement, ne peuvent s’agripper au sol, lui aussi chargé négativement. Le risque s’accentue lorsque survient une pluie abondante. Les nitrates sont alors évacués vers les drains par l’eau du sol : ce qu’on appelle le lessivage. Si le sol (notamment un sol lourd) devient saturé en eau, les nitrates se transformeront en gaz N2 et se libéreront dans l’atmosphère, causant des pertes par dénitrification.

Une bonne gestion de l’azote

Le fractionnement est l’option idéale pour bien gérer l’azote dans le maïs. Cependant, les contraintes météo ne donnent pas la possibilité d’être optimal dans la fenêtre d’application. Cela oblige à avancer la période de fractionnement et met l’azote à risque par rapport à la période de consommation active par le plant de maïs.

L’utilisation d’un protecteur d’azote allonge la période de fractionnement, tout en maintenant l’azote dans le sol, au niveau du système racinaire. Un tel protecteur devient un outil de gestion intéressant.

Nos essais menés en 2016 sur la gestion de l’azote (graphique 1) démontrent l’obtention d’un rendement optimal lorsque l’azote était protégé, comparativement à une application d’urée à la volée sur le sol au stade V5.


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Le protecteur N-Forced a fait augmenter le rendement par rapport au témoin en protégeant l’azote contre la volatilisation. Cependant, le protecteur N-Coop a été le meilleur des traitements. Avec son double mode d’action, il conserve le maximum d’azote dans la zone racinaire.

Le protecteur N-Coop offre le meilleur des deux mondes. Il protège l’urée appliquée au sol contre la volatilisation et maintient l’azote sous la forme NH4+ pendant la période à risque de lessivage.

Grâce à un protecteur, un maximum d’azote est disponible pour combler les besoins de votre maïs lorsqu’il entre en croissance active. Cela maintient votre rendement, tout en réduisant les risques de perte dans l’environnement.

Stades d’application des protecteurs d’azote en fonction de la gestion du risque

Lire la version complète dans l’édition d’avril du Coopérateur

Portrait de Pascal Larose

QUI EST PASCAL LAROSE
Membre de l'Ordre des agronomes, Pascal est conseiller spécialisé en maïs et soya à La Coop fédérée.

pascal.larose@lacoop.coop

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