Gestion au féminin : Ferme N.J. Pagé inc.

par Stéphane Payette

Photo : Johanne Pagé de la Ferme N.J. Pagé : « Les installations et le forfait sont en fonction de pouvoir opérer à deux à 90 %. Je veux une vie de famille. »

La gestion d’entreprise agricole a longtemps été une affaire de gars. À une époque, un père, sans fils à qui transférer la ferme, s’en remettait à un gendre plutôt qu’à sa propre fille. Qu’en est-il en 2017? 

La Ferme N.J. Pagé, de Sainte-Élisabeth, compte deux propriétaires actifs : François et Johanne. N’oubliez pas de serrer la main de Johanne si vous brassez des affaires avec eux. Votre compte sera bon.

« Parfois des gens appellent ici pour acheter du grain. Ils me disent que s’ils ne parlent pas à mon frère, il n’y aura pas de business. Je raccroche et il n’y a pas de marché », explique l’agricultrice et femme d’affaires qui a su faire sa place.   

« C’est ce qui me met le plus en colère, c’est qu’une femme gestionnaire en agriculture, ce n’est pas pris au sérieux. Ça doit être meilleur qu’un homme. Oui, même en 2017. J’ai même invité un camionneur à retourner d’où il venait parce qu’il ne voulait pas qu’une femme charge son camion. »


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Un type qui ne veut pas parler affaires avec Johanne ne sera pas chanceux à la ferme N.J. Pagé. « Je m’occupe de la comptabilité, de l’achat des grains, de la vente des grains, de l’achat des intrants en plus des opérations de culture. » Elle et François se partagent les tâches de la façon suivante : Johanne passe le vibroculteur, bat les grains de céréales, de soya et d’azuki (haricots secs).

Elle gère également le plan de séchage, car elle doit savoir exactement ce que les silos contiennent, étant celle qui voit aux transactions. Johanne Pagé n’hésite pas à prendre des risques dans ses choix d’affaires.

François est responsable des semis, du nivellement des champs, de l’application des pesticides, du transport de grains et du battage du maïs. Le reste du temps, c’est la mécanique. Les décisions se prennent à deux, tant dans l’achat de machinerie ou d’équipement que d’acquisitions de terre. Le tout est dans un but d’équilibre et de rentabilité.


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« Les installations et le forfait sont en fonction de pouvoir opérer à deux à 90 %. Je veux une vie de famille. Je suis plutôt maternelle et c’est important pour moi. Je ne peux pas vous dire combien d’heures de batteuse mes enfants ont faites, mais ça ne les a pas trop traumatisés, car mon fils Alexandre fait présentement son cours en gestion et technologie d’entreprise agricole et mes filles veulent que leurs futurs enfants viennent avec moi battre du grain. »

L’agriculture a eu le dessus dans la vie de Johanne. Avant de suivre les traces de son père, elle étudiait en médecine nucléaire. L’appel des champs a été plus fort que tout. « Je ne le regrette pas un seul instant. »

Portrait de la Ferme N.J. Pagé inc.

  • 425 ha en propriété
  • 181 ha de maïs grain
  • 116 ha de soya
  • 76 ha de haricots azuki
  • 50 ha de blé
  • Plus de 400 ha en travaux à forfait  

(Source : Le Progrès, La Coop Profid'Or)

Portrait de Stéphane Payette

QUI EST STÉPHANE PAYETTE
Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Stéphane est expert-conseil en productions végétales à La Coop Profid'Or.Il est également journaliste à la pige pour le Coopérateur.

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