Fourrages : déjouer la météo par le rendement

par Laurier Doucet

Écrit en collaboration avec Bruno Langlois, agronome

La météo constitue le défi majeur lorsque vient le temps de récolter les fourrages. Pour réussir un fourrage demi-sec ou sec, il faut une fenêtre minimum de 2 à 3 jours consécutifs de beau temps. Selon le volume à récolter et la vitesse de chantier, on aura besoin d’un nombre plus ou moins grand de ces fenêtres de beau temps, une denrée rare au Québec.

Pour améliorer l’efficacité du chantier de récolte et augmenter le volume de fourrages récolté par fenêtre de beau temps, l’augmentation du rendement est l’avenue tout indiquée.

Dans l’hypothèse où le rendement en fourrages doublerait, la durée du chantier pour récolter la même superficie ne doublerait pas nécessairement. On étirerait plutôt la journée pour finir de ramasser la superficie fauchée.

Un exemple

Les besoins annuels en fourrages pour un troupeau de 70 vaches sont d’environ 300 tonnes de matière sèche (1090 balles de 275 kg MS). Si le rendement annuel passe de 1,7 tonne à 3,3 tonnes de MS par hectare, le nombre de fenêtres « 2 jours de beau temps » nécessaire à la 1re coupe diminuerait de 44 % (tableau 1). Sans parler de l’amélioration de la valeur alimentaire occasionnée par la récolte à un stade plus jeune.


À lire aussi :
Semis tardif des céréales, que faire?


Est-ce possible ?

Un essai de fertilisation azotée dans les graminées a démontré qu’on peut obtenir plus de 1,5 tonne de MS de plus à l’hectare avec une application printanière de 50 unités d’azote (tableau 2), et une amélioration du niveau de protéine du fourrage (tableau 3).

Et le retour net sur l’investissement est de plus de 110 $/ha (urée à 550 $/tonne et fourrage à 120 $/tonne MS).

Par ailleurs, l’application de chaux représente un levier important pour améliorer le rendement. Les hypothèses peuvent être nombreuses selon le type de sol, mais supposons qu’une application de chaux de 4 t/ha fait passer le pH de 5,8 à 6,5, le rendement réel pourrait augmenter de 1,2 à 1,5 tonne/ha, selon le potentiel réel du champ récolté (tableau 4).

L’investissement en chaux de 200 $/ha se récupère alors en moins de deux saisons et l’amélioration du rendement des années subséquentes (3 à 4 ans) reste nette!


À lire aussi :
Le rôle des protecteurs d'azote


Quand le rendement est bon, la vitesse et la durée de fauchage par tonne diminuent. Au total, pour une même quantité de fourrages à récolter, cela signifie moins de carburant, d’usure et de bris d’équipements. Ce sont ces économies réalisées l’année même qui financent la majeure partie de l’achat de chaux et de fertilisants azotés.

Bref, un chantier plus rapide, c’est un fourrage de meilleure qualité, plus facile à conserver parce que les plantes récoltées sont plus jeunes et contiennent plus de sucres, ce qui favorise une meilleure fermentation. Voilà un excellent moyen de déjouer la météo !

Portrait de Laurier Doucet

QUI EST LAURIER DOUCET
Membre de l'Ordre des technologues du Québec, Laurier est gestionnaire de comptes à La Coop fédérée.

laurier.doucet@lacoop.coop

 

0 Commentaires