Ferme Poulin et Faucher : Pour s’améliorer à chaque lot

par Patrick Dupuis

Pour Jean-Luc Poulin et Martine Faucher, l’élevage est une passion. Ils essaient toujours de performer le plus possible.

S’améliorer à chaque lot. Voilà le mot d’ordre de Jean-Luc Poulin et Martine Faucher, propriétaires d’une ferme porcine à Saint-Côme–Linière, en Beauce. Quels sont leurs principaux indicateurs? Le gain et la mortalité. Plus du premier, moins du deuxième.

6 juin, 23 h. Tout était fin prêt dans les deux bâtiments pour recevoir précisément 1866 porcelets de 7,5 kg en provenance des Fermes boréales, au Témiscamingue.

Propreté impeccable, parcs chauffés juste à point, aliment savoureux, eau propre et fraîche – le grand confort! Le séjour des porcelets devrait se dérouler sans encombre.

Les parcs en béton, aménagés en 1999, comme les bâtiments qui les contiennent, résistent admirablement à l’usure du temps.

L’entretien rigoureux de leurs installations d’élevage fait partie des méthodes de travail de Jean-Luc et Martine, lauréats d’un prix Groin d’argent, décerné par la Filière porcine coopérative, pour l’obtention du meilleur indice d’efficacité sevrage-vente en 2017 (IESV de 253,4). Le calcul de cet indice tient compte, entre autres, de la conversion alimentaire, de la mortalité, du gain moyen quotidien et du pourcentage d’expédition des porcs dans la bonne strate de poids.

Les porcelets de 25 jours d’âge séjourneront dans les deux bâtiments de l’exploitation pendant au moins 18 semaines et au plus 24 semaines. Ils seront graduellement acheminés à l’abattoir d’Olymel de Vallée-Jonction, à un poids carcasse moyen de 112 kg, la strate la plus payante.

Jean-Luc et Martine s’approvisionnent en porcelets exclusivement auprès des Fermes boréales depuis décembre 2016. « Avant, nos porcelets provenaient de deux sources ou plus, et c’était plus difficile pour les maladies, dit Jean-Luc. Ça ne performait plus pantoute. Depuis que j’ai des ‘’Boréales’’, c’est le jour et la nuit. C’est facile. Très facile. La génétique est beaucoup plus performante. Sans doute une de nos meilleures décisions d’affaires. »

L'installation d'une génératrice stationnaire, de marque Kohler, a également changé la vie du couple. « C’est la plus belle affaire! » lance Martine. « Elle part toute seule, elle fait ses tests toute seule, ajoute Jean-Luc. Pas besoin de se lever à minuit pour la faire démarrer à – 20 dehors. »

 

Des aptitudes, des qualités

Le secret de la réussite de Jean-Luc et Martine est l’immense patience dont ils font preuve et l’amour qu’ils portent à leurs animaux. « J’essaie le plus possible de sauver les malades, dit Jean-Luc. Je les observe beaucoup. Je vais les isoler au besoin. Je fais tout pour les réchapper. C’est beaucoup de pertes quand un cochon meurt en fin d’élevage! Et quand les animaux sont jeunes, je leur donne toutes les chances de se reprendre. Je fais la tournée des bâtiments trois fois par jour – plus souvent même, s’il y a un problème. J’ai réchappé beaucoup d’animaux au fil des années. » Résultat : le taux de mortalité des lots n’est que de 3,5 % en sevrage-vente.

L’environnement dans lequel les porcs grandissent est aussi important. Pour Jean-Luc et Martine, membres de la Filière porcine coopérative depuis sa fondation, en 2011, la ventilation est l’élément central de la gestion de l’ambiance dans les bâtiments. « Je maintiens la température assez fraîche, dit Jean-Luc. L’hiver, je la descends à 61-62 °F. Les porcs sont bien, ils sont gros. Quand il fait trop chaud, ils ne performent pas, et ça attire la bataille. »

Les deux producteurs ont récemment changé le système de régulation de la ventilation de la porcherie. L'équipement de haute technologie qu'il sont installé - le Smart Climate, de Cumberland - permet de maintenir une ambiance confortable et uniforme, ce qui aura pour effet, croient-ils, de hausser la productivité de l'élevage.

« On voudrait sortir nos porcs un peu plus vite, à 17 semaines, d’abord pour détasser les parcs en fin d’élevage, et aussi pour mieux contrôler le poids », dit Jean-Luc, qui effectue régulièrement des pesées durant l’élevage. « Plus ils grossissent, plus ils risquent d’avoir des maux de pattes, de faire des hernies et d’être déclassés à l’abattoir. On pourrait sauver quelques animaux. »

Il faut produire ce que le marché – qui est maintenant mondial – demande. Et pour ça, il faut avoir l’œil, conclut Jean-Luc.

 

Lire l’article complet dans l’édition d’octobre 2018 du Coopérateur.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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