Ferme Jolipré Holstein : fière de la qualité du lait!

par Étienne Gosselin

Photo : « La qualité n’est pas tant un objectif qu’une conséquence de tous nos gestes au quotidien », estiment Marie-Josée Turcotte et Régis Lepage, qui peuvent espérer une relève potentiellement nombreuse, avec leurs quatre garçons : Alex, Ély, Joé et Xavier.

Crédit : Johanne Fournier

À la Ferme Jolipré Holstein, la qualité du lait tient à une quantité de détails, comme la paille sous les vaches, l’ordre de traite et la propreté en général. Les exploitants de cette entreprise n’oublient pas son but : produire non pas simplement du lait, mais un aliment pour la consommation humaine. Nuance.

Pour la seconde fois en deux ans, la Ferme Jolipré Holstein a remporté la plus haute distinction du Club de l’excellence d’Agropur.

Ce titre est attribué selon le résultat combiné de la qualité du lait et de l’inspection sanitaire de la laiterie, y compris les écouvillonnages et les tests microbiologiques.

Imaginez : parmi 3290 exploitations membres d’Agropur au Québec et dans les Maritimes, la Ferme Jolipré Holstein s’est faufilée tout au sommet pour la qualité de son lait!

L’entreprise n’est pas en reste au niveau provincial, avec une troisième place (bronze) au concours Lait’xcellent 2017, des Producteurs de lait du Québec.

Pour Marie-Josée Turcotte et Régis Lepage, « tout est dans tout ». Des vaches mal en point, souffrant de mammites cliniques ou subcliniques ou bien ayant des difficultés reproductives engendrent des coûts astronomiques et de grandes pertes de productivité. En prenant soin des animaux, en travaillant sur la prévention des infections, en portant attention aux petits détails, on améliore à la fois les performances des animaux et la qualité du lait.

« Pour nous, la qualité n’est pas tant un objectif qu’une conséquence de tous nos gestes au quotidien », estime Marie-Josée.

Ainsi, faire des efforts pour améliorer la qualité du lait permet d’entrer dans un cercle vertueux, plutôt que de glisser dans une spirale infernale, avec de coûteuses pénalités de non-qualité du lait.

 

Qualité bien ordonnée

La laiterie est impeccable. Cette impression d’ordre et de propreté donne envie de travailler à s’améliorer. Impossible d’oublier le but de la ferme : produire non pas simplement du lait, mais un aliment pour la consommation humaine.

Porter des gants pour changer le filtre du lactoduc et pour traire, placer les vaches à problèmes en fin d’étable, extraire les premiers jets dans une tasse-filtre pour évaluer la consistance du lait et les mammites cliniques, laver les trayons avec une serviette humide, vaporiser consciencieusement les trayons d’une solution d’iode, être à l’affût des signes cliniques de mammites (comme un quartier rouge, enflé ou dur) : ces procédures sont scrupuleusement respectées.

Et les mythes sur la qualité du lait? Les propriétaires ne lavent pas leur étable à grande eau plus souvent qu’une fois par année. L’indice en cellules somatiques des taureaux ne figure pas en tête de liste pour les choix. On n’évacue pas le fumier plus de quatre fois par jour. « Pas besoin d’être toujours à l’étable pour obtenir de bons résultats! » rigole Régis.

 

Logettes douillettes

Autre facteur de succès : le confort. Il n'y a pas de secret là-dessus, les vaches adorent être au sec sur leur matelas. La stratégie de Jolipré pour 45 vaches en lactation : 75 kg de paille par jour et une matière commerciale super-absorbante, en cas de détection d'humidité. 

Même la séquence alimentation-nettoyage est importante : après la traite, on garde les vaches debout avec un repas de foin et le passage du robot d’alimentation, ce qui permet de pailler les stalles avant que les vaches ne se recouchent.

À un âge moyen de 4 ans et 2 mois, le troupeau JOLIPRE ne compte pas une proportion plus élevée de jeunes sujets – généralement moins sensibles à la mammite – que la moyenne des troupeaux québécois. « La moitié de nos vaches sont de troisième lactation et plus », révèle Régis.

D’ailleurs, consulter les rapports de production en ligne sur l’extranet des Producteurs de lait du Québec après chaque ramassage de lait fait partie des incontournables pour surveiller la progression – ou la régression – des performances quantitatives et qualitatives.

Cela, combiné à l’observation minutieuse des signes de mammites dans la tasse-filtre, permet de débusquer les vaches mammiteuses.

Mais pour établir un diagnostic plus sûr, la ferme utilise aussi de façon hebdomadaire le test californien de dépistage des mammites (CMT), trousse de détection rapide et peu coûteuse des cellules somatiques (leucocytes) du lait de chaque quartier.

Ce test ne sert pas qu’à repérer les mammites subcliniques, mais aussi à évaluer l’efficacité des traitements antibiotiques. On l’utilise sur toutes les vaches ayant récemment vêlé avant d’envoyer leur lait dans le réservoir.

 

Pour l’honneur (et l’argent)

Produire un lait de haute qualité est payant : meilleure reproduction, moins d’antibiotiques, moins de lait impropre à la consommation, moins de baisses de production, moins de vaches réformées pour cause de mammite.

Les « moins » s’additionnent aussi aux « plus ». « Ce prix, c’est plus de visibilité pour notre préfixe pour la vente de sujets », dit Régis.

L’autre gros « plus », c’est la prime à la qualité. « On va chercher environ 4000 $ supplémentaires par année, ce qui se traduit par un prix moyen de 0,7658 $ par litre pour notre ferme », révèle l’éleveur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

2 Commentaires

  1. cest juste une petite critique constructive,ca serait le fun de mettre en gros de quel village et quelle région ils viennent car cest de gros honneurs et des heures de travail.Je mexcuse encore et cest pas pour chialer
  2. Bonjour M. Fournier, Vos commentaires sont toujours les bienvenus! Effectivement, vous avez raison, à l'avenir nous allons nous assurer que le nom du village soit bien en évidence dans le premier paragraphe de nos textes! Merci beaucoup pour votre intérêt.