Ferme D. Beauchesne, toujours au sommet

par Patrick Dupuis

Transfert en cours, résultats de haut niveau, rentabilité élevée. Comment la Ferme D. Beauchesne s’y prend-elle?

« Quand le prix est moins bon, les performances de nos élevages nous aident à nous tirer d’affaire; c’est l’avantage d’être performants », dit Daniel Beauchesne, copropriétaire avec son fils Francis de l’entreprise de Sainte-Marie-de-Blandford.

Cette philosophie les a bien servis au fil des ans. En 2007, sous la plume d’Étienne Gosselin, le Coopérateur relatait les succès de cette entreprise porcine. Le temps a passé, mais pas les succès. Au contraire, ils se sont multipliés!

La Ferme D. Beauchesne collectionne les records de productivité. L’exploitation d’engraissement de 3900 places et de 12 000 porcs produits par année a terminé en 2017, pour une deuxième année consécutive, en première place pour l’IEE à l’AGREPP provinciale.

Le technologue Jean-François Blais, expert-conseil au Regroupement porcin des Deux Rives (RP2R), s’enquiert avec intérêt des livraisons de porcs de l’entreprise. L’abattoir accepte des porcs pesant jusqu’à 156 kg. Au-delà de ce poids, l’animal rétrograde dans le classement et le prix baisse en conséquence. « Daniel et Francis sont des producteurs consciencieux, passionnés et déterminés à réussir », dit-il.

Le gain moyen quotidien, du début à la fin du lot, frôle un kilo par jour, indique Jean-François. La mortalité globale du troupeau est inférieure à 2 %. C’est plus de deux fois mieux que la moyenne provinciale de l’ASRA, à 4,56 % en 2016, souligne l’expert-conseil.

« Pour la réussite, c’est encore les porcelets qui font foi de tout, lance Daniel, 64 ans. Tu rentres de bons porcelets, tu leur fournis l’espace requis, une alimentation, de l’eau et une ventilation de qualité, et tu entretiens tes bâtisses comme il faut. C’est la clé. »

Pas de recette miracle chez les Beauchesne. « Ici, le stress est au minimum, et tout est entretenu et contrôlé jusque dans les moindres détails », ajoute Jean-François.

La rapidité d’intervention est au centre des méthodes de travail de Daniel et Francis. Chez eux, rien ne traîne. Les équipements en panne sont réparés immédiatement. L’entretien, effectué périodiquement. Les porcs, soignés toujours à temps. 

Bref, ils sont présents dans les bâtiments matin et soir, deux heures chaque fois. Pas besoin de coucher là, dit Daniel, mais il ne faut pas non plus bâcler l’ouvrage en cinq minutes. Il faut jeter un œil sur chaque porc. S’il y a trop de moulée dans la mangeoire, les porcs en gaspillent. Pas assez, ils se battent pour l’avoir. « Pour maximiser la conversion alimentaire, il faut le plus possible limiter le gaspillage », déclare Francis, conscient que chaque geste compte lorsqu’il est question de rentabilité.

Repartir en neuf

Une importante décision prise en 2014 a donné un nouvel élan à l’entreprise : elle est passée du mode de production en rotation (entrées et sorties de porcelets chaque semaine) à la production en tout plein, tout vide (voir le tableau).

Pour les Beauchesne, membres de la Filière porcine coopérative et adeptes de la génétique ALPHAGENE, la décision fut prise essentiellement pour des raisons sanitaires. L’équation à multiples variables en production tout plein, tout vide est la suivante : moins d’entrées de porcelets, arrêt des cycles d’infection, moins de maladies, moins de médicaments et de vaccins, plus de gain. Daniel l’a dit : pour avoir de bonnes performances, il faut de bons porcelets élevés dans de bonnes conditions. Ce n’était plus le cas. Les vaccins ne suffisaient plus et le coût des antibiotiques grimpait en flèche. Les performances chutaient et la mortalité augmentait. La rentabilité avait fléchi. Daniel et Francis étaient à la croisée des chemins. Un vide sanitaire s’imposait.

Les porcs de la Ferme D. Beauchesne sont maintenant tellement performants qu’ils devancent chaque fois les prévisions de GMQ et de mortalité de l’abattoir. Heureux problème.

Vous pouvez lire la version complète de ce reportage dans la version imprimée du Coopérateur, édition d'avril 2018.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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