Et ça tourne, trois fois par jour!

par Étienne Gosselin

Photo : Le carrousel de la Ferme Jeandon facilite grandement la traite, au rythme de 9 500 litres produits par jour.

4 fermes, 4 modèles de traite. Carrousel, robots ou employés? Des entreprises nous font part de leur choix de mode de traite.

[Deuxième de quatre]

FERME JEANDON

Des genoux en acier inoxydable et des rotules en téflon? Une petite crème anti-inflammatoire avec ça? « Tu ne me ferais plus tirer des vaches attachées aujourd’hui! » s’exclame Sébastien Hudon, qui a connu dans son entreprise la traite traditionnelle, la salle de traite et le carrousel.

Jusqu’à l’incendie qui a ravagé l’étable de la Ferme Jeandon, en 2008, Claude et Sébastien Hudon obtenaient une moyenne de production laitière de 9000 kg. Avec leur carrousel et l’instauration de trois traites quotidiennes, les producteurs de Saint-Roch-des-Aulnaies atteignent aujourd’hui 11 400 kg.

« Un gain d’efficacité », résume Sébastien. Leur carrousel de 28 places, de modèle DeLaval HBR28, adapte sa rotation à la durée de la traite, ordinairement comprise entre trois et huit minutes par vache. Les vaches trop lentes à donner leur lait ne feront pas long feu dans le troupeau!

Pour le trentenaire Sébastien, le calcul est simple : à l’époque de la stabulation entravée et des trayeuses mécaniques, l’entreprise trayait 120 vaches en deux heures, pour une moyenne de 60 vaches à l’heure. La construction, en 2005, d’une salle de traite double-10 parallèle a permis de hausser la moyenne à 85 vaches à l’heure.

Avec le carrousel, le rythme a grimpé à 130 animaux par heure. La ferme produit aujourd’hui un quota de 416 kg et le troupeau compte 270 vaches en lactation.


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Ce n’est donc pas demain la veille que le carrousel ne suffira pas à la tâche, car les vaches ne l’occupent que sept heures par jour! Bien que la disponibilité des terres limite l’expansion, l’entreprise désire poursuivre sa croissance. On est encore loin des 23 heures de traite par jour possibles avec ce genre d’équipement.

Ainsi, trois fois par jour, à huit heures d’intervalle (4 h 30, 12 h 30 et 20 h 30), on part à la chasse aux vaches dans la vaste étable pour les amener à l’aire d’attente, où une barrière mécanique facilite leur avancée. Le tout dans un ordre choisi, en commençant par les vaches multipares, pour enchaîner avec les primipares, plus nerveuses, qui salissent plus facilement le carrousel (lavé à grande eau après chaque traite). Qui veut un petit tour de manège?


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« Le principal avantage du carrousel, c’est la fluidité de l’opération de traite », estime Sébastien. Une à une, les belles pénètrent dans l’enceinte rotative et bifurquent pour présenter leur côté gauche, car les trayeurs se trouvent au centre. Deux roues, munies carrément de pneus de voiture, suffisent à entraîner la masse de béton et d’acier du carrousel. Elles parcourent à peine 470 km en une année!

Pour le choix de leur système, Sébastien, son père (Réjean) et son oncle (Claude) ont visité peu de fermes avec carrousel. Ils ont plutôt fait confiance à leur équipementier de systèmes de traite, avec qui ils entretiennent de bons liens d’affaires.


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D’ailleurs, pour ces lauréats de la médaille d’or de l’Ordre national du mérite agricole en 2007, mieux vaut débourser le cœur léger pour les frais d’inspection et d’entretien annuels et ne pas faire de chichis sur cet aspect – car le carrousel ne doit pas arrêter.

Faut que ça roule!

Vous pouvez lire le dossier complet dans l'édition de septembre 2017 du magazine Coopérateur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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