Élever du bétail, pas des mouches!

par Étienne Gosselin

Crédit photo : 123rf

Les mouches ont de quoi nous rendre fous, alors imaginez les animaux d'élevage! Voyons les solutions pour lutter contre ces agents stressants pour le bétail.

Y a-t-il insecte plus mal-aimé? Ce diptère à deux ailes nous dégoûte, même s’il joue en milieu naturel un rôle écologique essentiel. 

On ne l’apprécie pourtant pas dans les fermes, car la mouche nuit à la qualité de vie et colporte sur son corps muni de poils une foule de virus et de bactéries pathogènes – surtout quand elle vient d’aller pondre ses œufs dans du fumier, sa matière organique de prédilection…

Selon le MAPAQ, à 16 °C, une seule mouche peut produire 400 œufs fertiles, qui deviendront des mouches adultes 48 jours plus tard. Si rien n’est fait, ces 400 individus, lors des températures estivales, en engendreront plus de 160 000, qui auront une progéniture de 64 millions d’œufs capables d’atteindre l’âge adulte en à peine 15 jours!


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Prévenir d’abord

« Pour lutter contre les mouches, il n’y a pas de solution miracle : il faut une approche globale », estime Jean-Luc Desbiens, directeur des opérations du Groupe Cameron (Terminix Canada), une entreprise de gestion antiparasitaire bien connue. Le nettoyage et l’assainissement sont la base de la gestion des mouches. Évacuer rapidement le fumier des bâtiments, éliminer les carcasses d’animaux morts, réparer les fuites d’eau, ramasser la moulée répandue par terre, balayer la poussière accumulée, sortir les poubelles… En évitant de fournir des sources de nourriture aux insectes, on ralentit tant leur reproduction que leur longévité – une mouche adulte ne pouvant survivre plus de deux ou trois jours sans aliments.

Même une ventilation efficace fait office de mesure préventive : elle élimine l’humidité et une partie de la chaleur ambiante, en plus de nuire au déplacement des insectes. Dans les poulaillers, le ministère de l’Agriculture de l’Ontario recommande de maintenir la litière sèche (moins de 55 % d’humidité).

Guérir ensuite

Il peut arriver qu’on doive effectuer un traitement. Il existe alors des moyens de lutte biologique, mécanique et chimique. Étonnamment, on trouve des entreprises offrant des solutions de lutte biologique pour tous les stades de développement : œufs, larves, pupes (nymphes) ou mouches adultes. Parmi celles-ci, il y a la guêpe (parasitoïde qui pond dans les pupes), l’hister (coléoptère qui bouffe les asticots et les pupes) et le champignon (moisissure blanche affectant les adultes).

Du côté des mesures mécaniques, les moustiquaires et la ventilation sont efficaces, tout comme les rubans et pièges antimouches à motifs tridimensionnels, par exemple ceux de la gamme Silvalure, de Vetoquinol. Ces produits non toxiques et biodégradables permettent de limiter la population d’insectes, qui croît au rythme de 10 à 30 générations par an!

Enfin, on trouve des insecticides chimiques à action neurotoxique à vaporiser, à base de pyréthrine et de perméthrine, comme les formulations Disvap, Zap-It et Vetolice pour les bovins. « Ces produits ont une action immédiate ou résiduelle et peuvent être utilisés sur l’animal ou sur les surfaces », explique James Peel, chef régional des ventes pour le Québec et l’est de l’Ontario chez Vetoquinol, neuvième laboratoire pharmaceutique vétérinaire mondial.

Le ministère de l’Agriculture de l’Ontario rappelle enfin « qu’aucune stratégie de lutte n’est totalement efficace ». Raison de plus pour agir sur plusieurs fronts à la fois!

Les produits Vetoquinol sont en vente dans les magasins de Groupe BMR.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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