Diversifier les revenus et les cultures avec les haricots

par Étienne Gosselin

Photo : Alexis Gosselin et son père, Stéphane, posent dans un des nombreux champs cultivés par l'entreprise.

Steak, blé d’Inde, patate, ce n’est pas pour Daniel Blais et Stéphane Gosselin de Les Haricots de l'île d'Orléans! Ces deux producteurs de pommes de terre (eh oui!) sont sortis des sentiers battus pour battre chaque année quelque 180 ha de haricots frais sur la plus agricole des îles du Québec. Partons en excursion!

Daniel Blais et Stéphane Gosselin ont vu grand en 1994, quand ils ont décidé d’investir ce marché. C’est lors d’un voyage en République dominicaine que l’idée a germé. Dès leur retour à l’île d’Orléans, le tandem se mettait à la recherche d’une récolteuse mécanique… sans même être certain de pouvoir écouler ses haricots!

La charrue devant les bœufs, oui, mais il faut dire qu’un voisin faisait déjà une vingtaine d’hectares de cette légumineuse sans trop de difficulté. Sans plan d’affaires, le duo semait, l’année suivante, 30 ha de cette légumineuse récoltée fraîche. 


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L’association entre la Ferme Daniel Blais et la Ferme Stéphane Gosselin n’est pas banale. Chaque producteur sème la moitié de la superficie totale de l’entreprise, sur des parcelles de dimension variable allant de 0,4 ha (un acre) à plus de 20 ha (50 acres). Le site de lavage, tri, emballage, refroidissement, manutention et expédition des haricots se trouve chez Daniel, à Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans. 

Haricots magiques

Facile, la culture du haricot? Pas tant que cela! Tout commence par une bonne rotation. Afin d’amoindrir les risques de sclérotiniose, l’entreprise ne cultive pas de haricots plus d’une fois tous les quatre ans sur une même surface. Pour y arriver, elle utilise les champs des deux fermes associées, mais aussi ceux de fermes voisines, situées dans cinq municipalités de la grande île d’Orléans.

« C’est une culture qui est fragile, explique Frédéric Blais. Le haricot est une plante tropicale qui aime la chaleur pour donner du rendement, à raison de six tonnes par hectare de produit fini. »

Le principal défi reste de jongler avec les dates de semis et le nombre de jours avant maturité des différentes variétés, pour pouvoir récolter un produit frais tous les jours. La fenêtre de récolte n’est que de 48 à 72 heures quand arrive la maturité.

Le calcul des degrés-jours, afin de prévoir les volumes à récolter 60 à 70 jours après le semis, est crucial pour ne pas manquer de haricots ni en laisser au champ.


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Sitôt récoltés, les légumes sont lavés, triés et mis en caisses trouées. Celles-ci sont ensuite placées dans un tunnel de réfrigération, qui aspire la chaleur des haricots : en une heure, leur température passe de 25-30 °C à 4 °C. Une opération capitale, qui multipliera par deux la durée de vie du produit.

Autre défi : s’adapter à la nouvelle façon de mettre en marché les haricots, en soumissionnant, par courriel et au plus tard tous les lundis midi, un volume et un prix pour livraison la semaine prochaine ou, dans le cas des promotions annoncées en première page des prospectus des chaînes, dans… trois semaines! « On ne peut pas se tromper souvent, car on soumissionne neuf fois dans l’année, soit pendant la durée de notre saison de récolte. » 

Qu’ils soient jaunes ou verts, tous les haricots sont produits sous certification CanadaGAP depuis 2007, la ferme ayant été l’une des premières à se soumettre à ces normes contraignantes de salubrité alimentaire.

Une façon pour elle d’innover, de prouver qu’en dehors du steak, du blé d’Inde et des patates, il est possible de cultiver autrement un produit frais, savoureux, prêt à manger.

Lire la version complète de ce reportage dans l'édition d'octobre du magazine Coopérateur.

Portrait de Étienne Gosselin

QUI EST ÉTIENNE GOSSELIN
Étienne collabore au Coopérateur depuis 2007. Agronome et détenteur d’une maîtrise en économie rurale, il œuvre comme pigiste dans la presse écrite et électronique. Il habite Stanbridge East, dans les Cantons-de-l’Est.

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