Chamlab: à 120 kg, a-t-on atteint la limite d'un robot?

par Patrick Dupuis

Crédit photo : Caroline Fournier

Propriété d’Alain Champagne et de sa mère, Berthe Labbé, l’entreprise a atteint un nouveau sommet de productivité : 120 kg de gras en une livraison, se hissant ainsi dans le top 10 mondial pour la production de lait par robot.

En mars 2016, 15 mois après que l’entreprise eut adopté la robotique, la production des 54 vaches atteignait 44 kg de lait de moyenne et 92 kg de matière grasse par jour. La Ferme Chamlab se hissait parmi les meilleures exploitations à ce titre au Québec. Puis, à l’été, elle effectuait sa première livraison de 100 kg de matière grasse. Celle-ci a culminé, en 2017, à 120 kg.

Selon les données de Lely que compile Guillaume Peeters, Chamlab figure, à l’échelle mondiale, pour la production de lait par robot, au 1er rang au Canada, au 3e rang en Amérique du Nord et au 9e rang dans le monde. Et pour le lait produit par vache, elle se classe au 2e rang mondial.

« Ces résultats sont remarquables, lorsqu’on sait que toutes les vaches sont au robot, même celles ayant récemment vêlé », indique Philippe Couture. Le troupeau se compose aujourd’hui de 150 têtes, dont 75 vaches, pour un quota détenu de 104 kg.

Constance et détermination

Comment Alain et Berthe en sont-ils arrivés là? Tout débute par une bonne sélection des vaches, basée sur des critères précis au robot.

« La traite robotisée ne réduit pas le temps à l’étable, dit Alain. J’y vais quatre fois par jour, mais pour des raisons différentes et durant d’autres périodes qu’avant. » Les heures gagnées à ne pas faire la traite sont consacrées à l’observation des animaux et à l’analyse des données du robot, qui permettent de déceler les points de gestion à améliorer.

Pour Alain, la santé ainsi que la préparation au vêlage et au tarissement sont de première importance, de même que la gestion des vaches qui ont récemment vêlé (pour favoriser de bons pics de lactation) et la gestion de la mangeoire.

Afin d’accroître le nombre de traites par jour et le nombre de vaches par robot, l’éleveur sélectionne des taureaux reconnus pour l’amélioration de la vitesse de traite, « exceptionnelle à la Ferme Chamlab, confirme Philippe Couture. Chaque minute au robot est efficacement utilisée. Le lait par minute est un indicateur important, qu’Alain a vite compris. »

Résultat : la rentabilité est au rendez-vous. Selon le logiciel Lactascan, outil d’analyse technicoéconomique en production laitière conçu par le réseau La Coop, la marge par kilo se maintient dans la moyenne. En revanche, puisque la production par vache est élevée et que l’entreprise livre beaucoup de kilos de gras et de protéine, la marge par vache, elle, est supérieure à la moyenne (8000 $) et la marge par robot est également élevée (près de 1400 $ par jour, alimentation payée), précise Philippe Couture. Enfin, le lait produit par UTP (unité de travail-personne) figure à des niveaux enviables et contribue à hausser la rentabilité de la ferme.

Aujourd’hui âgé de 36 ans, Alain Champagne ne regrette aucunement son choix. En plus d’avoir optimisé les performances de son entreprise, notamment grâce à une économie de temps et de main-d’œuvre, la robotique lui a permis d’améliorer sa qualité de vie familiale.

L’auteur remercie Philippe Couture pour sa collaboration.

Vous pouvez le texte complet de ce reportage dans la version papier du Coopérateur, édition de mars 2018.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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