Azote dans le maïs : protection et utilité

par François Labrie

L’azote, qu’il soit organique ou minéral, est sujet à des pertes dans l’environnement.

Le lessivage, la volatilisation ammoniacale et la dénitrification en sont les principales causes.

La volatilisation de l’ammoniac (NH3) est le transfert dans l’air de l’ammonium (NH4+) contenu dans les engrais. Elle se produit surtout avec les fumiers, les lisiers, mais aussi avec l’urée (voir la figure Cycle simplifié de l'azote).

Le lessivage est causé par un excès d’eau. L’eau d’infiltration entraîne les nitrates (NO3-) à des profondeurs variables. Les nitrates sont facilement lessivés dans les sols sableux.

La dénitrification est le processus par lequel le nitrate (NO3-) est converti en oxydes nitreux (NO2) et en azote gazeux (N2). Elle intervient dans les zones pauvres en oxygène et mal aérées (drainage déficient et eau stagnante).

Les différents types de protecteurs d’azote

Azote à libération lente (FRN) : urée enrobée de polymère synthétique, utilisée en incorporé. L’engrais se libère au bon moment. Il permet de sauver un passage. Le FRN réduit les pertes par lessivage et dénitrification.

L’inhibiteur d’uréase (N-Forced) : réduit l’activité enzymatique en empêchant l’uréase de dégrader la molécule d’urée à la surface du sol et de provoquer la volatilisation de l’ammoniac. N-Forced réduit donc les pertes par volatilisation.

Les inhibiteurs de la nitrification (N-Forced +) : conservent l’azote appliqué sous une forme stable, dans la zone des racines pour une longue période. Il réduit la dénitrification si le sol est saturé d’eau après une application.

N-forced + diminue le lessivage en sol léger lors de précipitations importantes après l’application. Il faut noter que 2,5 cm de pluie peuvent faire descendre le nitrate de 12,5 à 25 cm de profondeur dans un sable.

Comment s’y retrouver?

Application d’azote en pré semi-incorporé : l’utilisation d’un engrais à libération lente comme le FRN est tout indiquée. Le polymère qui recouvre la granule protège l’azote des aléas du climat.

Comme l’azote est enterré, il n’y a pas de risque de perte par volatilisation et le polymère fondra avec le réchauffement du sol pour libérer 80 % de l’azote sur une période de 6 à 8 semaines, soit lorsque la culture du maïs en consommera beaucoup.

L’utilisation du FRN au semis permet de fournir l’azote au maïs en un seul passage. Cet azote sera disponible lorsque la culture en aura besoin. Son utilisation évite donc de retourner au champ et permet d'avoir plus de temps pour les autres activités de juin.

Application d’azote en surface après la levée du maïs : plusieurs optent pour semer le plus rapidement possible, sans fertiliser avant, pour mieux gérer leur temps ou parce qu’ils sont en semis direct. Dans ce cas, l’urée ou un mélange d’urée et de potasse est appliqué à la volée à la surface lorsque le maïs pointe jusqu’au stade de 5 feuilles.

Ainsi, l’urée est laissée à la surface jusqu’à ce que la pluie l’incorpore. L’ajout de l’inhibiteur d’uréase N-Forced permet de prévenir jusqu’à 14 jours les pertes par volatilisation.

Les conditions qui maximisent les pertes par volatilisation de l’urée appliquée en surface sont: sol humide, temps sec ou s’asséchant, présence de beaucoup de résidus et pH élevé.

Application d’azote liquide après la levée du maïs : l’application de l’azote en post levée avec la solution liquide de 32 % est populaire au Québec. Cette façon de faire comporte aussi des risques au niveau des pertes d’azote.

Cette solution contient de l’azote sous la forme d’urée, nitrate et ammonium. Il est donc possible d'en perdre par lessivage et dénitrification, sans compter que le nitrate peut descendre trop profondément pour que le maïs puisse l’utiliser.

Le N-Forced + peut être ajouté à la solution azotée pour ralentir le rythme de conversion de l’ammonium (NH4+) en nitrate (NO3-).  Le N-Forced +  évite d’avoir une très grande quantité de nitrate dans le sol susceptible d’être lessivé ou dénitrifié.

Au niveau du maïs : il est important de gérer l’azote pour qu’il demeure vert jusqu’en septembre (maturité).  L’utilisation d’une source d’azote protégée permet de produire en minimisant l’impact sur l’environnement, en utilisant le bon produit fertilisant, à la bonne dose, appliquée au bon moment et au bon endroit.

L’usage d’une source d’azote protégée permet de bien fertiliser le maïs en azote tout en gérant le risque des sautes d’humeur de notre chère météo de l’Est canadien. L’expert-conseil du réseau La Coop vous conseillera sur l’option de protection d’azote la mieux adaptée à votre gestion du maïs.


Portrait de François Labrie

QUI EST FRANÇOIS LABRIE
Membre de l'Ordre des agronomes, François est conseiller agronomique à La Coop fédérée.

francois.labrie@lacoop.coop

0 Commentaires