Consolider pour la prochaine croissance

par Patrick Dupuis

Écrit en collaboration avec Guylaine Gagnon

Gaétan Desroches voit d’un bon œil l’avenir de La Coop fédérée et de son réseau. « Nous sommes à une étape de consolidation et d’intégration de nos nouvelles acquisitions, dit-il, mais sans pour autant mettre en veilleuse notre croissance, les services aux membres et la pérennité de notre réseau. »

Quels objectifs vous êtes-vous fixés comme chef de la direction de La Coop fédérée?

Notre organisation a fait évoluer sa mission et s’est donné une ambition pour mieux décrire ses activités et traduire ses objectifs d’affaires. Notre mission consiste à rester enraciné dans le milieu agricole en misant sur notre force collective; La Coop fédérée doit contribuer à nourrir le monde. Ainsi, forte d’un modèle coopératif rentable et agile, l’entreprise sera  reconnue comme un chef de file des secteurs agricoles et agroalimentaires canadiens et du secteur de la vente au détail dans l’est du Canada.

Décrivez-nous le secteur détail et innovation, récemment créé dans la structure de l’entreprise.

Nous avons rééquilibré nos divisions d’affaires. Nous en avons maintenant trois : agricole, détail et innovation, et viandes (Olymel). Chacun générant des ventes d’environ 2 milliards $. La Division détail et innovation est un virage important et rassemble Énergies Sonic, quincailleries (BMR et Unimat) et machines agricoles, de même qu’innovation et croissance. Grâce à ses enseignes Sonic, Unimat et BMR, La Coop fédérée offre des produits d’énergies, notamment en valorisant la biomasse, et de quincaillerie aux producteurs agricoles et à tous les consommateurs, qu’ils soient membres de la coopérative ou non.

L’acquisition de BMR étant maintenant complétée, quelle sera la prochaine étape en matière de mise en marché?

Les magasins franchisés Unimat sont maintenant desservis par BMR  et plusieurs coopératives ont transféré leurs activités sous cette enseigne. Avec BMR, La Coop fédérée est maintenant le deuxième joueur du secteur de la quincaillerie au Québec.

Un peu plus d’un an après votre entrée en poste, comment se porte la situation financière de La Coop fédérée?

Elle est saine et tout est maîtrisé, mais il reste encore quelques défis logistiques à relever. Nous avons réalisé plusieurs acquisitions au cours des sept dernières années. Elles étaient nécessaires pour assurer notre croissance et des retombées pour les membres.

Quel sera le prochain segment de développement de La Coop fédérée?

Notre feuille de route comporte plusieurs éléments. Mieux équilibrer nos portefeuilles,  préparer la relève de nos employés et dans nos métiers, poursuivre notre virage détail, notamment avec BMR, et continuer la mise en place d’une Filière porcine coopérative robuste, tant dans l’est que dans l’ouest du pays. Ajoutons l’optimisation de notre offre réseau auprès de nos coopératives et le développement de notre projet d’usine d’urée à Bécancour avec IFFCO.

Parlez-nous du développement du secteur agricole hors Québec.

C’est surtout dans l’Ouest canadien que l’on verra un développement important. Nous y avons des détaillants et des coentreprises. Nous voulons établir une synergie avec Olymel, qui produit en Saskatchewan un million de porcs par an avec sa filiale Olysky. Les nourrir nécessite 350 000 tonnes de grain et produire ce grain demande de l’engrais, ce qui constitue un atout important pour le projet d’usine d’urée à Bécancour.

Comment IFFCO nous permettra-t-elle d’être plus concurrentiels sur les marchés?

Le projet d’usine, s’il arrivait à terme, serait un maillon de plus à notre chaîne de valeur, qui s’étendra de la fabrication d’engrais aux rayons des épiceries, où l’on retrouvera de la viande de porc produite par le réseau. L’objectif est d’accroître la rentabilité du réseau et de partager la richesse créée parmi les producteurs membres et les usagers.

Quel est le prochain grand défi de La Coop fédérée?

Outre la relève, il faut intéresser la population à l’agriculture. Dans le développement de chaînes de valeur de la terre à la table, c’est essentiel. En mettant ces éléments en place, nous nous positionnerons encore davantage comme des leaders.

Portrait de Patrick Dupuis

QUI EST PATRICK DUPUIS
Patrick est rédacteur en chef adjoint au magazine Coopérateur. Agronome diplômé de l’Université McGill, il possède également une formation en publicité et en développement durable. Il travaille au Coopérateur depuis plus de vingt ans.

patrick.dupuis@lacoop.coop

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